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Alexandre Wetter : « Être un homme ne t’empêche pas d’être connecté à ton féminin »

À l’affiche de Miss réalisé par Ruben Alves et en salle depuis quelques jours (la sortie initialement prévue le 28 octobre a été avancée pour soutenir les cinémas), Alexandre Wetter réalise son deuxième rêve : être en tête d’affiche d’un film au cinéma ! Le premier, déjà validé : défiler corsetté chez les femmes pour Jean-Paul Gaultier… Rencontre avec un homme hors normes.

Tu as quitté le Sud et tes études d’arts plastiques pour te lancer dans le mannequinat à Paris. Te reconnaissais-tu dans cet univers ?

Mon agence voulait me mettre dans une case du jeune dandy lambda mais il faut dire la vérité, je n’arrivais pas à l’époque à me projeter dans ce modèle. J’ai toujours aimé la féminité et tout ce qu’on autorise au féminin : les couleurs, la gaieté… L’univers des femmes m’a aussi beaucoup touché, défendu et protégé. Quand je suis monté à Paris, c’était avec une idée en tête : défiler chez les femmes pour Jean-Paul Gaultier. C’était le créateur avec qui je partageais les mêmes valeurs. Aujourd’hui, j’apprivoise de mieux en mieux mon image d’homme et je prends plaisir depuis peu à jouer au dandy !

Crédit Photo – nuances studio pour Le Prescripteur

Comment es-tu parvenu à défiler pour Jean-Paul Gaultier ?

Quand j’avais du temps libre, j’allais devant la Maison Gaultier en attendant qu’il sorte. Je ne l’ai jamais croisé ! (rires) Un jour, je me suis décidé à rentrer dans le hall. Je suis allé voir l’hôtesse d’accueil qui m’a demandé ce que je faisais depuis plusieurs semaines à attendre dehors ! Je lui ai répondu que je rêvais de défiler pour Jean-Paul Gaultier. Elle m’a donnéle numéro de Tanel, le directeur de casting. Trois ans plus tard, il m’a rappelé.

Tu étais surveillant dans un collège à cette époque !

Travailler dans un collège m’a réconcilié avec mes propres années collège ! Quand je suis devenu surveillant, j’avais les cheveux très longs, j’arrivais parfois maquillé, avec des ongles… Les élèves étaient très surpris et j’abordais plein de sujets avec eux. Ça a été une très belle expérience. Et bref, un jour que je surveillais les élèves à la cantine, mon portable sonne et je vois le numéro de Tanel s’afficher. J’ai hurlé « Taisez-vous, y’a Jean-Paul Gaultier qui m’appelle ». Je n’ai jamais eu un silence pareil ! (rires) Tanel m’annonce qu’il a pensé à moi pour un défilé et me demande si je suis disponible pour rencontrer Jean-Paul. C’est comme ça que je me suis retrouvé de nouveau dans la maison Gaultier, avec la même femme à l’accueil, mais cette fois-ci, j’ai dépassé le hall. J’étais hyper ému.

Alexandre Wetter défilant pour Jean-Paul Gaultier femme

Après la mode, tu t’es lancé dans le cinéma…

Après le défilé Gaultier en talons et corset, j’avais atteint mon rêve. J’ai décidé de me lancer dans le cinéma. J’ai fait mes premiers essais dans la série Versailles. J’y ai croisé Amira Casar que j’ai revue dernièrement… Je crois beaucoup aux signes.

Comment s’est passée ta rencontre avec Ruben Alves ?

Il m’a contacté sur les réseaux sociaux pour me parler d’un projet de réalisation. Je suis allé à notre rendez-vous en mode YOLO, sans regarder son parcours sur Google… Le feeling est très bien passé. Il me proposait une commande pour une chaîne de télé et il m’a demandé de regarder son premier film, La Cage Dorée. Je l’ai appelé direct après pour lui dire que je ne voulais pas faire un téléfilm, mais un film avec lui. J’avais rencontré mon Jean-Paul Gaultier du cinéma. C’est comme ça que Miss est né.

Quelle a été ta préparation pour ton rôle ?

J’ai fait appel à un coach sportif qui m’a aidé à perdre 10 kg. J’ai aussi été entouré d’un coach en comédie : en deux-trois mois, il m’a fait bosser mon rôle. Cela a été une formation très forte et intense. Je pleurais beaucoup car quand tu es acteur, tu dois avoir accès à des émotions que tu t’interdis dans la vie réelle. Le coach m’a poussé à sortir mes émotions pour rendre vivant mon personnage. Cela a été un voyage très émouvant.

T’es-tu senti proche du personnage d’Alex ?

Proche mais très différent. C’est une personne assez éteinte. Il a perdu ses parents, il est seul. J’ai eu beaucoup d’admiration pour son courage. Mon coach m’a dit quelque chose de très marquant pendant ma préparation : j’étais le seul garant de sa parole. Par conséquent, je n’avais pas le droit de minauder ou d’être dans le faux. À travers moi, Alex parle. Et c’est là où tu t’abandonnes.

Beaucoup de sujets sont abordés dans le film autour de la différence. Pour toi, quel est le message essentiel de Miss ?

Beaucoup de messages forts sont amenés avec douceur, sensibilité et humour. Mais au travers de tous ces personnages hors catégorie, comme Lola, la prostituée transgenre interprétée par Thibault de Montalembert, les deux jeunes dealers qui rêvent de devenir Bill Gates, le personnage d’Isabelle Nanty, écorchée vive, mon personnage qui rêve de devenir Miss France, celui de Stéfi Celma, la candidate métisse à Miss France… C’est l’amour qui les lie le message fort. C’est un beau témoignage d’humanité et l’esquisse d’une réalité pas si lisse.

Depuis le tournage, tu es devenu proche d’Amanda Lear…

Elle a toujours été une femme que j’admire, j’ai adoré tourner avec elle. J’aime beaucoup une parole de son personnage dans Miss : « Tu ne seras jamais une femme, mais sois authentique dans ta féminité ». Être un homme ne t’empêche pas d’être connecté à ton féminin et d’être dans la vérité.

Interview complète d’Alexandre Wetter à retrouver dans Le Prescripteur papier d’octobre (6€) !
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