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Audrey Tcherkoff, « En France, les gouvernances sont à 97% masculines »

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Du luxe à l’associatif, du Moyen Orient à Paris, Audrey Tcherkoff a déjà un parcours bien rempli. Aujourd’hui membre du directoire de la fondation Positive Planet aux côtés de Jacques Attali, Audrey nous raconte sa formidable ascension et son engagement pour une économie positive et un monde plus équitable. 

Peux-tu me raconter ton parcours avant de rejoindre Positive Planet ?

En sortant d’école de commerce, j’ai rejoint la maison Saint Laurent puis j’ai été débauchée par le groupe Robert Wan, plus grand producteur de perles noires au monde, pour développer leur activité en Europe. L’entreprise souhaitait se développer au Moyen-Orient, alors en 2007, je suis partie à Abu Dhabi à seulement 25 ans.

Quelles ont été tes missions là-bas ?

J’ai développé toute une gamme de bijoux adaptée au marché et local et j’ai collaboré avec la reine du Qatar qui souhaitait faire revivre l’industrie de la perle dans son pays. J’ai mené plusieurs projets passionnants pendant 10 ans.

Qu’est-ce qui t’a fait soudainement changer de secteur ?

Je suis tombée enceinte et me suis questionnée sur l’environnement dans lequel allait grandir mon enfant. Alors j’ai rejoint l’association Children in the Mountains qui récolte des fonds pour des écoles au Népal, et j’ai rencontré Jacques Attali qui cherchait à féminiser et rajeunir son conseil d’administration du Moyen Orient. Je suis tombée sous le charme de Positive Planet et me suis rendu compte que je participais vraiment à faire bouger les choses ! Après mon accouchement, entre mon bébé, mon boulot, Positive Planet et les allers-retours Paris-Abu Dhabi, je n’avais plus une minute à moi ! J’ai fait un burn-out, puis Jacques Attali m’a demandé de le rejoindre à plein temps, et c’est ainsi que j’ai pris la décision en 2016 d’effectuer un changement de carrière à 360° en quittant mon boulot et en rejoignant la fondation.

La pauvreté est issue de ce qui ne fonctionne pas à tous les échelons, alors on s’est dit qu’il fallait engager le secteur public et privé à trouver des solutions et partager des bonnes pratiques…

Pour quelles actions oeuvre Positive Planet ?

L’organisation a été créée en 1998 par Jacques Attali, c’est une organisation qui s’est fixée comme mission de se battre contre la pauvreté et l’exclusion dans le monde en partant d’une idée simple : le meilleur moyen de trouver un travail, c’est de le créer. Depuis 21 ans, on aide les gens à produire leur propres sources de revenus avec des actions basées principalement en Afrique Subsaharienne, au Moyen Orient et en France. La pauvreté est issue de ce qui ne fonctionne pas à tous les échelons, alors on s’est dit qu’il fallait engager le secteur public et privé à trouver des solutions et partager des bonnes pratiques, d’où le mouvement “Pour une économie positive” lancé par Jacques Attali en 2012.

Tu es en charge du projet Global Positif Forum, de quoi s’agit-il?

On a voulu créer un canal de communication entre les grandes instances et les citoyens à travers un forum qui nous permet de collecter les idées sur les grands sujets et enjeux mondiaux, d’en sélectionner 20 et de les porter au G20. En 2017, lors du premier Global Positive Forum, 60 000 idées ont été récoltées sur les thèmes de l’environnement, des conditions de vie et de l’économie durable.

J’aimerais que tous les acteurs de la société, les citoyens comme les chefs d’entreprise ou les dirigeants d’Etat, se demandent dans chacun de leur projet si leur action va impacter négativement les générations futures, et agir en conséquence.

Tu es aussi directrice de la Semaine du Cinéma Positif, en quoi consiste ce projet?

C’est un gala caritatif organisé lors du Festival de Cannes où l’on met en lumière toutes les oeuvres cinématographiques qui portent un message optimiste. Chaque année, on projette des films à caractère positif gratuitement dans la ville de Cannes et ses quartiers populaires. On organise aussi des tables rondes ayant pour thème un sujet d’actualité comme la démocratie ou les femmes. Cette année, ça sera le cinéma au service de la justice sociale !

Quel projet aujourd’hui occupe la plus grande partie de temps ?

En ce moment je m’occupe beaucoup de la création de l’institut de l’économie positive, c’est l’organisation académique que l’on vient d’ouvrir et qui regroupe l’ensemble de nos activités de plaidoyer : la semaine du cinéma positif, nos forums de l’économie positive, nos consultations citoyennes…

On peut créer un business positif sur l’environnement et l’écosystème, tout en ayant une belle croissance.

Quel est ton plus grand rêve ?

Faire comprendre qu’on peut créer un business positif sur l’environnement et l’écosystème, tout en ayant une belle croissance. J’aimerais que tous les acteurs de la société, les citoyens comme les chefs d’entreprise ou les dirigeants d’Etat, se demandent dans chacun de leur projet si leur action va impacter négativement les générations futures, et agir en conséquence.

En France, les gouvernances sont à 97% masculines, seulement 3% des femmes sont présidentes. Il faut changer cela par une prise de conscience des hommes mais aussi des femmes : elles doivent avoir confiance et oser.

Etre une femme a-t-il été un moteur ou un frein dans ton parcours professionnel ?

Au début, être une jeune femme et avoir un poste à responsabilités a plutôt été un handicap. Mais les épreuves que j’ai traversé en tant que femme dirigeante sont devenues une vraie force. En France, les gouvernances sont à 97% masculines, seulement 3% des femmes sont présidentes. Il faut changer cela par une prise de conscience des hommes mais aussi des femmes : elles doivent avoir confiance et oser.

La fondation mène-t-elle des actions particulières pour les femmes ?

Parmi les 11 millions de personnes que l’on a accompagnés à travers le monde en 20 ans, plus de la moitié sont des femmes. C’est une cause qui nous tient vraiment à coeur, c’est d’ailleurs pour ça qu’on a mis les femmes à l’honneur lors de la semaine du cinéma positif en 2018, chaque prise de parole sur le sujet est importante.

Pour toi, si tu devais défendre un projet de loi pour le droit des femmes, lequel ce serait?

J’aimerais défendre l’égalité salariale pour le même poste.

 

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Chloe Audiger

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