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Baptiste Giabiconi : « Notre amour n’est jamais rentré dans les cases »

Tandem qui a largement défrayé la chronique : Baptiste Giabiconi et Karl Lagerfeld ont toujours intrigué la presse people. 50 ans d’écart, complicité père/fils, tendresse d’un couple… Difficile de qualifier la relation de Baptiste et Karl durant leurs 11 années fusionnelles. « Un jour, tu leur diras » avait confié Karl. Baptiste Giabiconi sort aujourd’hui son livre « Karl et moi » aux éditions Robert Lafont qui dévoile les coulisses d’un amour inclassable.

Ce que tu révèles dans ton livre ne pouvait se raconter du vivant de Karl Lagerfeld ?

Je ne pouvais pas raconter notre histoire de son vivant, non. Il n’aurait pas apprécié, il n’aimait pas qu’on dévoile les choses intimes. Il était très secret. Il m’a dit un jour dans un sourire : « Un jour, tu leur diras… ». J’ai senti qu’il était sérieux. Cela m’a fait du bien qu’il me dise cette phrase. Et c’est ce que je fais aujourd’hui avec ce livre.

Karl n’a donc pas du tout participé de manière concrète à cet ouvrage ?

Non, il en a permis l’écriture. J’ai tellement appris auprès de lui. C’était un homme brillant, capable de dessiner une collection tout en tenant deux conversations différentes. Je pouvais me mettre dans un coin de la pièce et l’écouter pendant des heures.

Comment t’es-tu entouré pour l’écriture de ce livre ?

J’ai écrit ce livre avec Jean-François Kervéan, qui en a été la plume. Nous avons travaillé 6 mois sur sa réalisation. Ca m’a fait tellement de bien. C’était comme une thérapie pour moi, cela m’a permis de faire mon deuil et aussi de me rappeler de tant de merveilleux souvenirs. J’ai pris beaucoup de plaisir à revenir sur des sujets lointains, sur des moments, des petits détails, notre complicité, ce qu’on a pu se dire… J’ai creusé des choses grâce à ce livre. On s’est crêpé le chignon avec Jean-François car je disais trop de choses ! (rires)

Ça me tue de voir qu’en 2020, on puisse être aussi méchant sur des questions si intimes et privées. Ce livre m’aide surtout à avancer et à me construire sans Karl.

Baptiste Giabiconi – Crédit Photo : Solenne Jakovsky pour Le Prescripteur

L’enjeu de ton livre est de raconter votre histoire. A-t-il aussi vocation à réparer des blessures ?

Je pensais que ce livre allait réparer certaines blessures. Mais j’ai eu écho de certaines réactions violentes par rapport au reportage sur 7 à 8 (ndlr : où Baptiste révèle qu’il est le premier héritier de Karl après sa chatte Choupette), et un déferlement de haine sur la question de ma sexualité. Je n’ai jamais voulu m’exprimer sur le sujet, je trouve qu’on doit rester libre. Ça me tue de voir qu’en 2020, on puisse être aussi méchant sur des questions si intimes et privées. Ce livre m’aide surtout à avancer et à me construire sans Karl.

Définir la relation qui t’unissait à Karl n’est pas simple…

Ce n’est ni un amour filial (ndlr : même si Karl a souhaité un temps adopter Baptiste !), ni un amour charnel… Notre amour n’est jamais rentré dans les cases, alors il a dérangé. Les gens ne croient pas en cet amour car ils ne le comprennent pas. J’avais un demi siècle de différence avec Karl, on ne venait pas du même milieu social… Et la magie a tout de même opéré. C’est ce que j’appelle le destin, j’y crois.

Je pense que je suis arrivé dans la vie de Karl à un moment où il avait besoin de fraîcheur. Un peu comme un coureur qui prend au ravitaillement un quartier d’orange pour se redonner des forces et repartir de plus belle.

Qu’a vu Karl en toi pour te choisir ?

Je pense qu’il a vu en moi quelque chose qui pouvait lui paraître authentique, vrai, pas calculé. J’ai débarqué de Marseille les mains dans les poches. Je n’avais rien à perdre. J’ai cassé les codes, ses codes en restant moi-même, très naturel. Je pense que je suis arrivé dans la vie de Karl à un moment où il avait besoin de fraîcheur. Un peu comme un coureur qui prend au ravitaillement un quartier d’orange pour se redonner des forces et repartir de plus belle. Je ne me discerne pas ces 10 années de bonheur, mais Karl a été à son apogée durant les années de notre relation. Certaines personnes bienveillantes m’ont dit que mon arrivée avait redonné goût aux choses à Karl.

Tu as énormément shooté avec lui !

Oui, il a réalisé plus de 10 000 photos de moi et 3000 photos à l’argentique… Il était inépuisable. Il ne voulait pas s’arrêter, dès qu’il ralentissait, il se sentait gros paresseux.

Baptiste Giabiconi – Crédit Photo : Solenne Jakovsky pour Le Prescripteur

Dans ce livre, tu révèles les coulisses de votre relation mais aussi des choses que tu n’as jamais avoué à Karl comme ta nuit d’amour avec Katy Perry…

Je savais ce qu’il voulait entendre et ne pas entendre. La relation qu’on avait était tellement exclusive qu’on ne se parasitait pas avec le récit d’autres histoires que je m’autorisais. Quand une pointe d’angoisse venait travailler Karl, qu’il avait peur qu’une de mes relations puissent mettre en péril le secret de la nôtre, il m’en parlait tout de suite. Mais c’est arrivé très rarement. Il me faisait complètement confiance et moi aussi.

Qu’est-ce que Karl t’a transmis d’essentiel ?

Il m’a transmis cette capacité à savoir m’exprimer respectueusement, calmement et humblement quand quelque chose ne va pas. Il m’a aussi transmis les valeurs de fidélité. Je suis très fidèle dans mes choix, mes rencontres, les personnes avec qui je travaille. C’est essentiel pour moi.

J’ai parfois fait du mimétisme car c’était un modèle pour moi. Je pense que j’avais besoin qu’il ne soit plus là pour me trouver à mon tour.

Baptiste Giabiconi – Crédit Photo : Solenne Jakovsky pour Le Prescripteur

Comment se passe l’après Karl ?

Il est partout avec moi. Il m’accompagne dans tout ce que je fais. Je suis arrivé comme une page blanche à 18 ans et j’ai façonné mon être à ses cotés. J’ai parfois fait du mimétisme car c’était un modèle pour moi. Je pense que j’avais besoin qu’il ne soit plus là pour me trouver à mon tour.

Comment espères-tu que le livre sera reçu ?

J’espère qu’il sera reçu de la plus simple des manières. C’est une histoire hors du commun que je raconte, un conte de fée. J’espère aussi qu’il permettra de montrer que d’autres relations sont possibles, qu’elles ne rentrent pas toutes dans des cases.

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