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Clarisse Le Court, fondatrice de Claripharm, « J’accompagne le vagin tout au long de sa vie »

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Après un accouchement suivi d’une déchirure importante aux parties intimes, Clarisse réalise qu’il n’existe aucun produit en pharmacie à part une bouée en plastique (??) pour la soulager le temps de la cicatrisation. Déterminée à faire bouger les choses dans un secteur où “ces trucs de bonnes femmes” n’intéressent pas grand monde, elle lance Claripharm : une gamme de produits pour le confort intime de chaque femme, répondant à tous les tracas de la vie du vagin.

Le déclic de ton entreprise a été l’expérience post-accouchement de ton deuxième enfant…

Exactement. Pour mon fils, j’avais eu une épisiotomie, en une semaine j’avais récupéré. Pour la deuxième, un beau bébé de 4 kilos quand même, on ne m’a pas fait d’épisiotomie, j’ai eu une grande déchirure. Cela a été une grosse galère pendant un mois que ce soit pour allaiter, monter dans la voiture… J’avais des points de suture sur les parties intimes et rien pour me soulager dans mon quotidien. Il existait des bouées mai elles n’enlèvent pas le problème de frottement de la lingerie sur les points de suture… Je suis restée un mois chez parents, sans pouvoir rentrer chez moi car tout était difficile. C’est à ce moment-là que j’ai pensé à la coque de protection.

Comment l’as-tu imaginée ?

C’est une coque qui protège tes points de suture, qui met tout à distance. C’est tout simple et ça n’existait pas. Il y avait juste la bouée, non recommandé pour la descente d’organes quand tu as eu beaucoup de bébés et en plus, t’as l’air maligne à trimballer ta bouée partout ! (rires)

Que faisais-tu professionnellement à cette époque ?

Je faisais des études en ce sens. J’étais dans le monde des implants depuis 2002, dans un gros labo. J’avais accès aux chirurgiens-gynéco. J’ai commencé à aller les voir et à leur en parler. Ils me regardaient avec des dollars dans les yeux ! (rires) Mon but a été tout de suite de répondre aux besoins des femmes et de les soulager dans ces moments douloureux.

Tu a levé des fonds ?

J’ai fait appel à ma famille, à des personnalités du monde médical, à mon réseau. De 2013 à 2015, j’ai levé un peu plus d’1 million d’euros. La BPI nous a soutenus. On a lancé la R&D. C’est du temps et beaucoup de moyens. On a commencé en pharmacie et depuis 2017, on s’est associé à un laboratoire sur la santé de la femme pour sensibiliser les sage-femmes, etc.

Ta première gamme est sortie en 2014 en pharmacie. Quels produits as-tu lancé en premier ?

La coque, un gel douche et une coupe menstruelle.

Tes produits ne concernent donc pas que la période de l’accouchement ?

Non, mon idée était d’accompagner chaque femme tout au long de la vie de leur vagin. Il y a les règles, la grossesse, l’accouchement, la ménopause… Plein d’étapes dont on n’a pas forcément conscience.

Pourquoi la coupe menstruelle ?

Grâce à une prise de conscience. La coupe menstruelle est biocompatible, pas irritante ni photosensibilisante. Et en ce qui concerne les polémiques autour de la coupe, l’important est de respecter nos conseils d’utilisation : pas plus de 6h ! Et nous sommes extrêmement transparent sur la composition de nos produits, on dit TOUT !

Pour la nettoyer en revanche, c’est une galère nan ?

On va sortir un gel spécial pour nettoyer la coupe. Le fait d’être une nana, dans un labo qui s’occupe de la santé de la femme change tout : tu utilises les produits, donc tu veux que tout soit nickel. Au lancement, on a eu un énorme boulot d’information à faire. On était les premiers, il fallait que les gens comprennent le produit. On a eu de très bon retours des sages-femmes. Aujourd’hui, on a envie de savoir ce qu’on mange, ce qu’on met dans notre corps. Les codes changent. L’utilisatrice doit être hyper informée sur la composition.

Il y a des mecs qui bossent dans ta boîte ?

On est 15 collaborateurs aujourd’hui dont 4 hommes. Je suis pour la parité !

Sur quel nouveau produit bosses-tu en ce moment ?

Je bosse en R&D sur un produit pour les femmes ménopausées. C’est comme un applicateur de tampons pour permettre au vagin d’être de nouveau réhydraté et éviter son atrophie grâce à un bio film. Il se colle contre la paroi et réhydrate. A la ménopause, tu as en effet des douleurs pendant l’acte à cause de la sécheresse vaginale. Mais les femmes ne disent rien et n’en parlent pas en pharmacie. Et généralement, elles n’osent pas non plus acheter sur internet. C’est un vrai travail à faire.

Aucune femme ne se ressemble, dans quelle mesure utilises-tu les réseaux sociaux aujourd’hui dans le développement de tes produits ?

On est très présents sur les réseaux sociaux. On regarde ce que les femmes disent. On les écoute et on se fait accompagner par une agence spécialisée dans les data.

Tu dénonces une réglementation laxiste en France sur les produits d’hygiène intime…

Je me bats pour qu’en France, la réglementation protège davantage les femmes en instaurant plus de tests obligatoires sur les produits qui concernent les muqueuses… Aujourd’hui, c’est beaucoup trop laxiste. En Europe, dans le domaine de la santé, il existe 3 grandes catégories de produit, qui ont chacune leur réglementation : les médicaments, les dispositifs médicaux et les cosmétiques. Quand on regarde ces 3 catégories, ça nous paraît logique de mettre les tampons, les serviettes et les coupes menstruelles dans la catégorie des Dispositifs Médicaux. Et pourtant… Les règles n’étant (heureusement) pas une maladie, en Europe, les protections hygiéniques ne rentrent dans aucune de ces 3 catégories. Elles sont donc réglementées comme un produit de consommation courante… un stylo bic, par exemple. Et cela autorise des dérives effrayantes. Ce qui n’est pas le cas aux USA, au Canada, au Japon ou au Mexique où la réglementation est différente : comme ce sont des objets qui restent en contact prolongé avec les muqueuses vulvaires et vaginales (qui, on le rappelle, laissent passer encore plus de molécules dans le sang que la peau), les protections hygiéniques sont classées dans la catégorie des Dispositifs Médicaux.

Tu ne t’arrêtes jamais ?

Je suis animée par mon job et j’ai envie de faire bouger les choses pour informer les femmes sur le fait que des solutions existent à tous nos petits soucis du quotidien dont on ne parle pas. Avec Claripharm, j’ai l’impression de donner du sens à mon travail.

Tous ses produits ici.

 

 

Charlotte D.

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