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Discours sur la (vraie) beauté

Rédac’ chef beauté à L’Officiel de la Mode pendant 5 ans, Judith Ritchie avait le job que beaucoup rêvent d’occuper. Un boulot à paillettes très convoité dont la pression et le stress ont conduit Judith à se poser la question du bonheur et de la véritable beauté. Rencontre avec une femme qui a tout plaqué pour vous dire ça.

Tu es passée par ELLE Québec jusqu’à devenir rédactrice en chef Beauté de L’Officiel de la Mode. Comment tu en es arrivée à lancer ton propre blog bien-être Jolie Soul ?

Cela a été un long processus. J’ai fait des études de journalisme et j’ai commencé en tant qu’assistante de rédaction chez Clin d’œil, un magazine mode et beauté canadien. Je me suis formée sur tous les produits de beauté, j’ai découvert l’immensité des marques de cosmétiques. Devenir une experte beauté m’a pris énormément de temps compte tenu de l’abondance des produits qui peuvent exister. J’ai ensuite été recrutée par le ELLE Québec en tant que rédactrice en chef beauté, en remplacement de congé maternité. Je recherchais à me faire un nom dans le milieu pour pouvoir partir à l’étranger car j’avais des envies de voyage.

Une envie de voyage à Paris ?

Oui. J’étais partie avec un rêve un peu romantique en tête : écrire un livre à Paris. Je suis arrivée en 2009, je m’étais donnée 3 mois pour écrire mon bouquin et finalement je suis restée 5 ans sans l’écrire ! (rires) J’ai rencontré tout de suite plein de gens et je sentais, au fond de moi-même, que ma place était toute proche, probablement chez L’Officiel de la Mode. Même si je ne savais pas bien l’expliquer à ma mère, super inquiète que je débarque à Paris sans boulot ! J’ai fait passer mon CV et la rédactrice en chef m’a directement contactée pour me demander de venir la voir le soir-même, je l’ai attendue 2h30 à la réception ! Elle m’a reçu 10 minutes sur un coin de table, et m’a laissé 24h pour lui faire une proposition de 8 pages sur le bien-être. Si je faisais mes preuves, elle me donnait la rédaction en chef de la section beauté dans 1 mois. Et c’est ce qui s’est passé. Mon intuition était bonne. Et depuis l’intuition guide ma vie.

 

L’univers du magazine est extrêmement dur, beaucoup de gens veulent ta place, j’étais en train de devenir une personne qui ne me ressemblait pas : quelqu’un de terne, de stressé, de triste.

 

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C’est ce poste de rédactrice en chef beauté qui t’a amenée à t’intéresser au concept de beauté holistique dont tu parles beaucoup aujourd’hui ?

Exactement. En chapeautant la section beauté, j’ai beaucoup voyagé car l’édition était traduite en 17 éditions à travers le monde. Je me suis intéressée à la dimension internationale et globale de la beauté, pour trouver ce qu’il y avait d’universel entre une femme du Moyen-Orient, une femme asiatique, une femme européenne…. J’ai abordé rapidement l’univers du bien-être. J’ai décidé de faire des retraites et d’expérimenter de nouvelles méthodes comme le yoga, les massages, une habitude alimentaire plus saine. Au début je m’y frottais en tant que journaliste curieuse d’écrire sur le sujet, et au fur et à mesure, c’est devenu essentiel à ma vie. L’univers du magazine est extrêmement dur, beaucoup de gens veulent ta place, j’étais en train de devenir une personne qui ne me ressemblait pas : quelqu’un de terne, de stressé, de triste. Ces retraites m’ont frappée de plein fouet, j’ai été touchée, j’ai senti mon énergie, mon visage, mon regard, mon corps se transformer. J’ai rajeuni.

Tu as donc quitté L’Officiel pour te concentrer sur ce qui t’est apparu comme essentiel ?

L’Officiel, c’était super, mais cela restait mode et luxe. En 2012, je me suis réveillée un matin avec une vision très claire de Jolie Soul, avec son contenu et ses rubriques. J’ai tout mis sur papier, je suis rentrée au Canada pour me rapprocher de ma famille pendant cette période de transition. J’avais besoin de confort, de sécurité et de l’amour inconditionnel de mes proches pour donner naissance à mon blog que j’ai lancé en 2015.

 

Tout compte et influe sur ta beauté. À travers Jolie Soul, je recherche à faire comprendre que pour être belle et irradier, il faut se constituer une routine bien-être.

 

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Quelle est la vocation de Jolie Soul ?

L’idée est de penser la beauté comme un tout. Holistique vient du grec holos qui veut dire global. Dans la beauté, tout est lié : l’alimentation, l’énergie, le sport, les crèmes que tu appliques sur ton visage, les personnes que tu fréquentes… Tout compte et influe sur ta beauté. À travers Jolie Soul, je recherche à faire comprendre que pour être belle et irradier, il faut se constituer une routine bien-être.

Cette routine bien-être, elle ressemble à quoi ?

Il faut être en phase avec soi, bien dans ses baskets pro et perso, être dans la vérité intérieure, c’est le plus important. Et c’est aussi le plus difficile ! C’est un travail quotidien, je conseille tous les jours de se demander, face au miroir, si on est heureux, si on est bien à sa place. Respirer la vérité, c’est rayonner par sa beauté. Je ne parle pas de la beauté physique qui peut s’évaporer en 5 minutes si elle repose essentiellement sur un joli maquillage. C’est la personne qui séduit. Une belle personne est positive, souriante, bienveillante, et dégage une énergie positive.

Se regarder dans le miroir, c’est aussi se mettre face à ses faiblesses et cela peut complètement déstabiliser…

La faiblesse est une grande force. Dans mes retraites, on est encouragé à pleurer. Il faut libérer les émotions qui sont cristallisées dans nos tissus. Il faut les sortir, les revivre car ce sont souvent des émotions qu’on s’est interdit de vivre pour faire bonne figure. Et tu peux être sûre que 10 ans plus tard, cela devient des cancers, des hurlements… Parfois ce n’est pas joli, mais il faut sortir cette noirceur, s’avouer des choses à soi-même. Il faut accueillir le problème, l’identifier et le dépasser. Mais quand tu émerges, c’est formidable.

Tu as vécu des moments de noirceur ?

Oui, quand je suis partie en 2012 je ne dormais plus, j’avais le ventre gonflé… Mes retraites m’ont fait réaliser que j’avais besoin d’authenticité, de vérité et d’amour, même si je renvoyais l’image de celle qui était partie accomplir son rêve et à qui tout souriait ! J’avais besoin d’aide. Admettre et accepter ma vulnérabilité, c’est un beau cadeau que je me suis offert. Et si les personnes d’influence comme moi ne le font pas, qui va le faire ? J’ai décidé de montrer mes faiblesses. Aujourd’hui je peux tenir des conversations de cœur à cœur, fondement de l’honnêteté et de vraies relations.

Il y a une dimension religieuse dans ton message ?

Je suis très croyante mais parler de Dieu c’est compliqué, le contexte ne s’y prête pas toujours, c’est dommage… L’amour pour moi est l’énergie la plus forte, il passe partout. Je suis 100% connectée à ce message. Je le diffuse autrement que par la religion car mon message s’adresse à tous, peu importe les croyances. À travers la beauté, c’est la mission que je me suis confiée : délivrer des messages d’amour et d’authenticité.

 

Les cosmétiques ne sont pas là pour cacher mais pour sublimer. Et pour se détacher de ce côté camouflage des cosmétiques, j’ai commencé par m’accepter sans.

 

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Quelle est la place de la cosmétique dans tout cela ?

J’ai passé 15 ans dans la cosmétique, donc j’adore cela. Mais j’ai épuré ma routine à l’extrême. Aujourd’hui je vais à l’essentiel. Les cosmétiques ne sont pas là pour cacher mais pour sublimer. Et pour se détacher de ce côté camouflage des cosmétiques, j’ai commencé par m’accepter sans. J’ai donc fait une détox totale de maquillage en sortant sans rien sur le visage. C’est s’apprivoiser soi-même dans la nudité, c’est s’offrir tel qu’on est au monde et quand on est capable d’affronter l’extérieur, les autres s’en moquent. C’est notre perception qui nous enferme. Ensuite j’ai commencé à revenir aux cosmétiques, par plaisir. Cela a commencé par une touche de mascara, puis un rouge à lèvres plus fort. Ce sont des petits desserts dans ma vie pour m’amuser. Il faut juste doser pour ne pas devenir esclave de sa routine beauté.

Ta routine beauté s’articule comment aujourd’hui ?

Nettoyage de la peau matin et soir. Exfoliation de la peau 2 à 3 fois par semaine. Masque 2 à 3 fois par semaine. Et hydratation bien sûr. Il y a un exfoliant de la marque Nature by Valmont, l’Instant d’Eclat Phyto-Alpin qui est exceptionnel, il est enzymatique, très performant. Pour les masques, j’aime celui à la rose de Jurlique, 100% naturel et celui à l’orchidée impériale de Guerlain, qui donne un glow incroyable ! Au quotidien, mon hydratant est une crème de jour de chez Codage, texture parfaite, absorption rapide. Je mets une poudre bronzante, la terra cotta de Guerlain, une pointe de mascara, et un blush crème que j’applique sous la poudre bronzante.

Parle-nous de tes futurs projets…

Je sors un livre début novembre au Canada et début 2017 en France ! 3oo raisons d’aimer Paris sur lequel j’ai bossé depuis 1,5 ans car je suis amoureuse de Paris… L’idée était de partager mes coups de cœur car j’avais envie de faire découvrir des quartiers émergents, des lieux moins connus comme le village Jourdain, la rue Piat… J’ai groupé les arrondissements en couple d’énergie et un Parisien qui habite là-bas me livre ses adresses. J’ai Claire Courtin qui a lancé C’Juice dans le 6e. Romano Ricci, créateur de la marque Juliette has a gun, dans le 17e. Dans le 19e, j’ai demandé au street artist Levalet de me parler de ce quartier beaucoup plus trash et underground. Les photos sont de moi, les adresses aussi, je voulais de l’authentique.

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Toi qui prônes la pratique du yoga, quels sont tes spots fétiches à Paris ?

J’aime beaucoup le Rasa Yoga Rive Gauche. Il y a une super énergie là-bas, j’y étais le soir des attentats et y suis restée très attachée. Je vais aussi au Studio Pilate 16, juste en-dessous de la Pâtisserie des rêves. The French Yoga Girl y donne des cours de Strala Yoga en petit comité, c’est très cardio et cela gaine bien.

Pour bien manger, tu nous emmènes où ?

Au Café Cream, là où je t’ai donné rendez-vous ! Les pâtisseries sont sans gluten, ils proposent pleins de jus verts bio, des céréales vegan… Ces gens aiment ce qu’ils font et l’endroit est vraiment agréable, dans un quartier qui bouge. Pour déjeuner, j’aime aller au Nanashi. Et pour le soir, je m’installe au Season.

Tu es vegan ?

Non, mais j’aimerais bien dans l’absolu ! Je fais des cures régulièrement. En ce moment par exemple je n’ai pas bu d’alcool depuis 3 semaines. Et en l’occurrence, j’ai les idées très claires, je me sens mieux. Aujourd’hui, je ne prends plus de fromage, ni de lait, ni de yaourt, ma peau va mieux depuis. Je mange le moins possible de viande, 1 à 2 fois par mois, et lorsque cela arrive, c’est de la viande de très bonne qualité. Dans cette vision holistique du monde où tout est lié, je ne peux pas m’identifier à l’industrie de la viande. Du coup, je suis en processus de transition. J’aimerais te dire que je suis vegan mais non, je suis une vegan en construction !

 

Les femmes qui m’écoutent sont en quête de sens surtout à l’approche de la trentaine et de la quarantaine. On cherche à connecter à autre chose que l’apparence physique.

 

Si tu es à Paris en ce moment, c’est aussi parce que tu étais de passage pour Guerlain…

Oui. Guerlain me présente comme l’une de ses expertes bien-être. J’apporte un discours extérieur lifestyle de bien-être, ma vision de la beauté, je participe à leur conférence pour parler de mes émotions, de mon processus interne, de mes tristesses, de mon cœur, de mon ouverture à l’amour. Les femmes qui m’écoutent sont en quête de sens surtout à l’approche de la trentaine et de la quarantaine. On cherche à connecter à autre chose que l’apparence physique. J’ai envie de parler à ces femmes pour les aider à se trouver, à se connecter à leurs émotions.

Est-ce que tu sens que nous vivons dans une société qui a envie de reconnecter avec elle-même ?

On est dans une période de transition des consciences. Des gens ne le feront jamais mais beaucoup ont envie d’entendre mon discours et veulent reconnecter avec eux-mêmes. Pour ceux qui acceptent de lâcher prise, c’est formidable. J’essaie de valider la petite voix qui souffle de s’écouter. Tout part de soi.

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Je suis revenue de ce côté superficiel, de ces fausses relations, de cette fausse beauté, maintenant je poursuis ma voie et j’ai envie d’emmener du monde sur le chemin de la quête de soi.

Comment fait-on pour reconnecter ?

Personnellement je passe beaucoup de temps seule dans la nature. C’est probablement mon côté canadien ! J’ai besoin de nature, de reconnecter avec les plantes. J’ai besoin de calme, de silence, d’espace. On vit dans une société qui est toujours en stimulation, les gens sont en fuite d’eux-mêmes, ont des dîners tous les soirs, sont tout le temps au téléphone… Alors qu’il faut s’affronter en s’accordant des moments de solitude. Je travaille ma respiration aussi, c’est le secret de la détox. Le Pranayama est idéal pour cela, ce sont des exercices de respiration qui permettent d’équilibrer le cerveau gauche et droit, de calmer le système nerveux et de prendre soin de ses organes.

Aujourd’hui tu te sens remplie d’amour ?

Le bien-être est un travail quotidien. Je peux encore connaître des moments où je suis déphasée mais aujourd’hui je me sens en cohérence avec ce que je suis. Mon message est porteur de positif, je souhaite redonner la part belle à la beauté intérieure contrairement à un discours ambiant sur la beauté extérieure qui peut cacher des personnes tristes. Je suis revenue de ce côté superficiel, de ces fausses relations, de cette fausse beauté, maintenant je poursuis ma voie et j’ai envie d’emmener du monde sur le chemin de la quête de soi. Le bonheur et la beauté irradiante sont au bout.

 


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