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Julie de Bona : “Tu ne seras jamais actrice !” 

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Cette phrase, c’est un professeur du Conservatoire qui l’a dite à Julie de Bona alors qu’elle avait 18 ans, des étoiles plein les yeux et des envies plein la tête. Révoltée, la jeune femme a alors relevé un pari : monter à Paris et réaliser son rêve, devenir comédienne. Nous l’avons rencontrée à l’occasion de son rôle dans la série “Le Bazar de la Charité” diffusée depuis lundi soir sur TF1.

Peux-tu te présenter ?

Ma mère est d’origine vietnamienne et mon père d’origine italienne. J’ai toujours eu du mal à communiquer avec ma mère pudique et réservée, alors que mon père était extrêmement bavard et expansif ! Je n’arrivais pas à m’exprimer, je ne comprenais pas le mode d’expression de ma mère. Le théâtre m’a aidé à sortir toutes ces émotions, ça été une révélation, ça a changé ma vie !

Comment s’est faite ta rencontre avec le théâtre ?

Ayant un réel besoin de m’exprimer, à 15 ans j’ai demandé à faire du théâtre. C’est vite devenu vital pour m’exprimer mais à côté je poursuivais mes études. Un jour j’ai répondu à une petite annonce de casting dans la Gazette de Montpellier pour le rôle d’une femme de 30 ans, j’en avais 17 ! J’y suis quand même allée et voyant ma motivation, le producteur m’a écrit une pièce spéciale. J’ai donc commencé au Café Théâtre de Montpellier et l’année d’après il me donnait un autre rôle, ensuite tout s’est enchaîné !

Au Conservatoire on t’as dit un jour que tu ne serais jamais actrice. Pourtant tu n’as pas abandonné, pourquoi ?

Le professeur qui m’a dit ça m’a réveillée, aujourd’hui je le remercie car cette phrase m’a donné une impulsion incroyable ! Alors qu’il venait de me donner le rôle de la femme sommeil qui dormait pendant toute la pièce, il m’a dit que je ne serais jamais actrice. Je me suis mise dans une colère folle, j’ai hurlé, j’ai pleuré et ça a réveillé en moi une rage de lui montrer qu’il avait tort, que j’étais heureuse dans ce que je faisais. J’ai donc décidé de monter à Paris pour devenir actrice.. 

ça a réveillé en moi une rage de lui montrer qu’il avait tort, que j’étais heureuse dans ce que je faisais.

Pendant 10 ans j’ai eu encore cette impression de ne pas être à ma place, jusqu’à ce que Michel Bouquet, grand professeur du Conservatoire de Paris me dise “Tu es une grande actrice”. Ce métier c’est une histoire de confiance en soi, il m’a fait ce cadeau de me le dire et d’y croire !

 

Quel est le rôle que tu as préféré jouer ?

J’en ai plusieurs ! 

Au théâtre ça été Le Malade Imaginaire avec Michel Bouquet. Je jouais Angélique, ça  été un rôle très formateur. Il m’a appris que ce n’est pas nous qui jouons mais le spectateur, ce n’est pas à nous de pleurer mais au spectateur !

J’ai aussi beaucoup aimé la dernière pièce dans laquelle j’ai joué, “Non à l’argent” j’avais un rôle génial, je passais des moments de folie tous les soirs sur scène ! 

A la télévision, c’est le Bazar de La Charité. J’ai beaucoup aimé les costumes d’époque, le rôle qui était assez risqué, mais j’ai fait confiance au réalisateur et ça a marché !

Il y a un autre rôle qui m’a beaucoup marqué, c’est quand j’ai joué une femme qui a fait 7 ans de prison, dans “Innocente”, je suis allée rencontrer des détenus. Les plus beaux rôles, ce sont les expériences les plus fortes de ma vie !

Les plus beaux rôles, ce sont les expériences les plus fortes de ma vie !

Tu joues dans la série Le Bazar de la Charité, tu peux nous faire un résumé ?

C’est un mélange de Peaky Blinders et de Downton Abbey ! 

On est en 1897 à Paris, tous les nobles viennent avec leurs bonnes et leurs enfants au Bazar de la Charité qui est l’endroit à la mode. Il n’y a qu’une porte de sortie ( c’est d’ailleurs suite à cet événement que les sorties de secours sont apparues), donc lorsqu’un feu se déclare, en 30mn tout prend feu. Cet incendie va faire plus de 120 morts, essentiellement des femmes, car les hommes les ont piétinées pour sortir. De cet évènement qui a marqué tout Paris à l’époque et dont on se souvient encore aujourd’hui, on en a fait une série qui suit l’émancipation de trois femmes : une femme qui veut divorcer de son mari, une femme qui veut échapper au destin d’un mariage forcé parce qu’elle est amoureuse d’un anarchiste qui lui sauve la vie. Moi je joue la petite bonne, mariée avec le cocher. On est fou amoureux et on rêve d’aller faire notre vie aux Etats-Unis…Je ne vous spoile pas la suite mais après l’incendie un évènement va tout remettre en question…

As- tu une anecdote ou un souvenir de tournage à nous raconter ?

On a tourné l’incendie du Bazar de la Charité en studio, donc on a tourné dans des vraies flammes ! A chaque instant on avait l’impression qu’on allait prendre feu, on sentait la chaleur des flammes et j’avais même peur pour mes cheveux ! 

 

J’ai aussi tourné dans le film “Made in China” qui parle de la communauté asiatique et je faisais la petite française alors que je suis d’origine vietnamienne ! (rires) Mais j’ai été extrêmement fière de jouer dans ce film qui est le premier à parler de la communauté asiatique en France !

Tu as désormais beaucoup de rôles à ton actif, que ce soit à la télévision, au théâtre ou au cinéma. Comment voies-tu ton avenir ?

J’ai encore plein d’envies, je marche aux challenges et aux coups de coeur ! J’aimerai jouer sur un sujet fort, bouleversant, social qui m’ouvre l’esprit. J’ai été contactée pour jouer le rôle d’une maman qui va avoir un bébé trisomique dans le film “Comme un Père”. C’est la découverte de la différence, le choc du handicap chez une maman et sur tout ce que ça va lui apporter au quotidien !

 

Aliénor de Perier

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