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Laëtitia Eïdo, « Si on enlève les artistes à une société, elle explose. »

Qu’ont fait les actrices pendant le confinement ? Sans scène et sans tournage ? C’est la question qu’on a posée à Laëtitia Eïdo, comédienne et artiste, qui jouera notamment dans le prochain Terrence Malick ! Laëtitia revient avec nous sur cette parenthèse qui lui a permis de reprendre l’écriture, le dessin, et de se lancer… dans la permaculture !

Laëtitia Eïdo, la profession d’acteur a été particulièrement touchée par le confinement avec l’arrêt des tournages et la fermeture des cinémas. Quelles ont été tes occupations pendant le confinement ?

Beaucoup de jardinage car j’étais dans le Sud-Ouest au moment du confinement, et j’ai suivi une formation de permaculture en ligne ! Il s’agit d’un MOOC proposé par Pierre Rabhi. J’ai pu transformer une terrasse en carré potager : la surface était assez petite, c’était un super exercice pour designer mon jardin en permaculture, étape ultime avant de planter dans le bon ordre. C’est un grand bonheur de voir pousser du vivant et de voir la taille que ça prend, surtout quand il s’agit de courges et de melons ! Je me rends compte que je suis en quête de plus d’autonomie dans ma vie.

J’ai aussi beaucoup écrit et dessiné. Ce sont mes activités de cœur. J’écris et dessine depuis toujours. Je me rappelle avoir gagné un concours Canson quand j’étais petite ! (rires) Pendant le confinement, j’ai préparé les dessins qui illustreront mon seule-en-scène « Le vent d’Arménie ». J’insiste sur le « e »  de « seule-en-scène » 😉

Parle-nous justement de ton seule-en-scène…

Il s’agit d’une adaptation du livre d’Anny Romand par Guila Braoudé. C’est l’histoire vraie de la grand-mère de l’autrice, qui a traversé le génocide arménien. On a retrouvé son carnet il y a quelques années, qui retrace les étapes de la « marche de la mort ». Il est en ce moment étudié à la BNF. C’est aussi plein d’espoir et de moments plus légers. Je joue l’adulte qui retrouve ce carnet et la petite fille qu’elle a été quand elle a été élevée par sa grand-mère. Il y a plein de choses qu’elle ignorait sur cette grand-mère, il est question de transmission trans-générationnelle.

On a vu passer des vidéos sur Instagram, c’est un format que tu explores aujourd’hui ?

Je me suis rendue compte pendant le confinement et pour la première fois de ma vie que le média vidéo n’est pas si contraignant. J’ai commencé à lire mes poèmes en les interprétant à la caméra. Et j’ai écrit des chansons dont je suis en train de créer les images. Ce qui m’intéresse, c’est de transmettre les mots. C’est en anglais. Ça frôle le hip hop, et c’est très étonnant pour moi ! (rires)

Il y a eu beaucoup de cas de COVID dans mon entourage, cela m’a donné envie d’être dans une recherche de bien-être intérieur.

Comment as-tu vécu cette période d’arrêt ?

Je l’ai vécue de façon très agréable car cela n’a pas changé mon quotidien. Je suis une actrice qui fait 1 ou 2 projets dans l’année. J’ai l’habitude d’être confinée chez moi ! (rires) Et je suis de nature assez solitaire. Cela m’a permis surtout de me recentrer et de dépasser mes limites. J’ai passé beaucoup de temps à méditer, à faire du yoga. Tous les matins, je ne prenais aucun rendez-vous avant 11h et je consacrais ma matinée à une pratique de recentrage. J’ai aussi pris le temps de prendre soin de ma peau fragilisée par les tournages. Je me suis amusée à concocter mes soins : des décoctions de thym, jus de citron le matin… Il y a eu beaucoup de cas de COVID dans mon entourage, cela m’a donné envie d’être dans une recherche de bien-être intérieur.

Qu’a pu apporter selon toi la culture et l’art pendant le confinement ?

Pendant le confinement, si on enlève tous les artistes, je ne sais pas comment les gens auraient tenu ! On a regardé des spectacles, lu des textes, écouté des chanteurs, visionné des expositions virtuelles… Si on enlève les artistes à une société, elle explose.

Quels sont tes trois gestes beauté pour prendre soin de ta peau ?

Le K-t-care ! Un petit gant en microfibre pour te démaquiller à l’eau uniquement et qui peut enlever le maquillage waterproof. Tu te nettoies sans produit et tu exfolies très légèrement. Ce gant se lave à l’eau et il est zéro déchet, c’est important pour moi.

Ensuite je te parlais d’une petite décoction de thym que je fais moi-même : tu fais bouillir du thym 10 min dans l’eau et cela te donne un liquide brun rouge antiseptique. C’est une sorte de tonique naturel qui laisse la peau souple !  

Et sinon un troisième geste que je réalise c’est laisser ma peau sans rien du tout un soir par semaine. Le film hydrolipidique peut se renouveler tout seul de manière naturelle !

Pour Fauda, j’ai passé 9 semaines sans sortir pour bosser sur mon texte.

Si l’on veut te voir à l’écran en ce moment, c’est dans FAUDA, dont la Saison 3 vient de sortir sur Netflix. Dans cette série, tu joues en arabe. C’est un challenge pour toi ?

Oui, ce n’est pas facile du tout ! Je travaille des heures et des heures pour y arriver. La première fois que j’ai dû jouer dans une autre langue, il me semble que c’était pour Cléopâtre dans le docu-fiction « Le destin de Rome » sur Arte. A la cour d’Egypte, on parlait grec ancien. Quand j’ai vu que je pouvais le faire, je me suis dit que je pouvais parler n’importe quelle autre langue. A partir de là, j’ai enchaîné les tournages en berbère, hébreu, espagnol et en italien bientôt… Dans Fauda, je parle en arabe. J’ai une petite connaissance de cette langue par ma maman qui est libanaise mais je ne sais pas vraiment le parler ! Pour Fauda, j’ai passé 9 semaines sans sortir pour bosser sur mon texte.

Il paraît inévitable de changer les choses pour continuer à habiter sur une planète vivable. C’est la chose bénéfique de ce moment de lockdown.

Tout le monde dit que 2020 est une année nulle. Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour sauver 2020 ?

Je suis extrêmement heureuse de la prise de conscience mondiale qui est inévitable sur l’état de notre planète. On parle du corona et on parle aussi d’urgence climatique. Autour de moi et dans les médias, je vois bien qu’il y a cette prise de conscience. Il paraît inévitable de changer les choses pour continuer à habiter sur une planète vivable. C’est la chose bénéfique de ce moment de lockdown.

Quels sont tes projets à venir ?

Je joue dans le film Entre deux trains de P.Filmon avec Pierre Rochefort. C’est une histoire d’amour entre deux personnages qui se retrouvent à la gare d’Austerlitz. Ils ont 1h10 entre le train qui arrive pour l’un et qui repart pour l’autre. 1h 10 pour reprendre cette histoire ou non. Le film est en temps réel, tourné en plan séquence et sort à l’automne !

Crédit photo Laëtitia Eïdo : D.Zimand

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Laurent
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Laurent

J’adore cette femme, intelligente et d’une beauté renversante