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Le Lissier : des baskets qui ne font pas tapisserie

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Dans la série des « petites marques françaises qui montent », rencontre avec Nicole Carrouset, fondatrice de Le Lissier, des sneakers originales fabriquées grâce à des tissus upcyclés. Vous ne regarderez plus la toile de Jouy de votre grand-mère de la même façon…

Quel a été ton parcours avant Le Lissier ?

J’ai fait une école de commerce, mais j’ai toujours su que je ferais quelque chose en rapport avec la mode. Donc j’ai enchaîné avec des stages dans ce domaine, au sein de maisons comme Saint Laurent et Stella McCartney. J’ai également travaillé sur le e-commerce aux Galeries Lafayette et au développement de collection chez & Other Stories.

Comment en es-tu venue à monter ta marque ?

2015 a été une année marquante pour moi, qui m’a amenée à me dire qu’on a qu’une seule vie et que je devais me lancer, monter mon propre projet, même si ça n’allait pas se faire du jour au lendemain !  J’ai pris mon temps pour y réfléchir, et après quelques explorations, notamment du côté des sacs en matières recyclées, je me suis intéressée aux sneakers. J’ai commencé à travailler sur Le Lissier en 2017 tout en poursuivant mon activité salariée. Ce n’est que début 2018 que je me suis vraiment lancée.

Le déclic pour lancer Le Lissier est venu de mes grands-parents. Ce sont eux qui m’ont élevée, dans une tradition d’après-guerre où on garde tout et où on ne jette rien.

Quel a été le déclic ?

Le déclic pour lancer Le Lissier est venu de mes grands-parents. Ce sont eux qui m’ont élevée, dans une tradition d’après-guerre où on garde tout et où on ne jette rien. L’amoncellement peut parfois faire peur… Mais ils m’ont aussi donné le réflexe de transformer les choses, de réutiliser, de penser à deux fois avant de jeter. Comme beaucoup de gens de cette génération, leur intérieur était rempli de meubles tapissés. Quand ma grand-mère m’a donné quelques rouleaux de tissu, je me suis dit que j’allais démarrer mon projet de sneakers upcyclées avec eux.

J’aime l’ancien et le désuet, je suis convaincue qu’ils peuvent être revalorisés autrement dans le présent grâce à des objets du quotidien.

Comment as-tu trouvé les tissus pour ta première collection ?

En plus de ma grand-mère, j’ai fait appel à l’éditeur de tissus Edmond Petit, qui est renommé dans le milieu et dont j’admirais le travail. Je leur ai écrit directement pour leur présenter le projet, et ils ont beaucoup aimé ! Ils m’ont offert des chutes qui ont permis de lancer ma première collection.

Pourquoi avoir choisi ce nom de « Le Lissier » ?

Le lissier est l’artisan tapissier qui entrecroise les fils sur le métier pour réaliser une tapisserie (contrairement au tapissier qui pose cette dernière sur les meubles ndlr). J’ai choisi ce nom en référence au savoir-faire artisanal et à la qualité des tissus qui sont la base de ce projet. J’aime l’ancien et le désuet, je suis convaincue qu’ils peuvent être revalorisés autrement dans le présent grâce à des objets du quotidien.

Les tissus sont systématiquement achetés, mais à des prix réduits puisqu’ils ne peuvent plus être utilisés dans leur fonction première, l’ameublement ou autre.

Est-ce que les tissus sont récupérés gratuitement ou également achetés ?

Les tissus sont systématiquement achetés, mais à des prix réduits puisqu’ils ne peuvent plus être utilisés dans leur fonction première, l’ameublement ou autre (brocanteur, entrepôt textile…).Pour moi c’est ça la définition d’ « ucpycler » : revaloriser ces tissus défectueux, destinés à être jetés.

Plus rarement, des amis me donnent de petits métrages avec lesquels je peux réaliser des collections capsule.

Ma priorité est justement cette « non utilisation » possible du tissu à d’autres fins, c’est là où j’aime intervenir pour lui donner une seconde vie.

Quels sont tes critères de choix ?

Ma priorité est justement cette « non utilisation » possible du tissu à d’autres fins, c’est là où j’aime intervenir pour lui donner une seconde vie.

Ensuite il y a des paramètres plus « classiques »: la saisonnalité, la résistance, la souplesse, les coloris. Enfin et surtout le coup de cœur… Ainsi que la taille du motif, qui ne rendra pas forcément de la même façon en « grand » sur un mur ou un fauteuil tapissé qu’en « petit » sur des sneakers !

Les modèles Le Lissier présentent de petits détails à la fois particuliers et pratiques,  peux-tu nous en citer quelques-uns ?

Notre signature est la languette au talon en cuir de vachette naturel marquée « Le Lissier », qui se poursuit avec une doublure intérieure également en cuir pour plus de confort. Les semelles intérieures sont amovibles pour permettre la pose de semelles orthopédiques.

Nous avons aussi ajouté une coque de renfort à l’avant et une semelle de 3cm en caoutchouc qui offrent plus de résistance. Dans le même esprit, les œillets des lacets sont en métal plutôt qu’en plastique.

Enfin, pour la touche de fantaisie, nos lacets sont pensés en adéquation avec les couleurs de chaque tissu, en coton uni ou en polyester et fils métallisés.

J’ai souvent des couples qui achètent des modèles assortis, à scratch ou à lacet !

Pourquoi avoir choisi d’emblée de développer des modèles mixtes ?

C’était évident pour moi, certainement parce que j’ai choisi de travailler sur des baskets, qui parlent aux filles comme aux garçons. D’ailleurs j’ai souvent des couples qui achètent des modèles assortis, à scratch ou à lacet !

J’ai envie que tout le monde puisse créer sa basket pour raconter sa propre histoire à un prix abordable

Tes modèles allient travail artisanal et singularité : est-ce qu’on peut parler de « baskets couture » pour Le Lissier ?

Si par « couture » on entend « prix élevé », alors non, car j’ai envie que tout le monde puisse créer sa basket pour raconter sa propre histoire à un prix abordable : les modèles commercialisés vont de 149 à 159€. Même si je ne suis pas contre quelques collaborations exclusives, le cœur du projet restera le type de sneakers proposées actuellement.

Par contre, le côté « couture » me parle si on évoque l’artisanat, le travail à la main, l’humain, une histoire particulière, le temps long de fabrication… Ce sont des valeurs que j’ai envie de défendre.

Comment organises-tu la sortie des différents modèles/ saisons ?

Il y a deux collections principales par an, Printemps/Eté et Automne/Hiver, entrecoupées de petites séries. Pour cet hiver par exemple, j’ai divisé les sorties en deux car nous avions beaucoup de modèles, mais ce n’est pas un schéma figé. On essaie de comprendre les envies de notre clientèle et de s’y adapter.

Quelles sont les inspirations de la collection Automne/Hiver actuelle ?

Elle s’appelle « Hautefort » et s’inspire de trois grandes tendances, la tapisserie, avec un tissu qui en reprend les motifs pour Homme et Femme ; le velours avec son côté 70s, en bleu nuit et vert sapin ; et enfin le tweed, un classique de l’élégance anglaise et du costume masculin décliné sur nos sneakers à lacets et à scratch  pour une signature stylistique surprenante.

Les modèles léopard sont un peu à part car ils ont été pensés pour une collaboration avec la boutique Merci, qui a choisi spécifiquement ce tissu. Ils apportent une touche rock à l’ensemble !

Ton site et ton compte Instagram sont régulièrement et précisément alimentés, notamment avec un guide d’entretien en ligne. Est-ce que le digital représente un levier important pour toi ?

Honnêtement, je n’y connaissais pas grand-chose… J’ai lancé le compte seule, mais je me suis vite entourée d’une super équipe, une web designer et une community manager qui m’aident beaucoup là-dessus et qui m’apportent un éclairage différent sur le projet.  Pour l’e-shop par exemple, nous offrons la livraison et le retour ce qui permet aux gens d’essayer tranquillement chez eux et de trouver leur pointure.

Aujourd’hui Le Lissier est largement distribué à Paris, quelles sont les prochaines étapes de développement?

Un pop-up de Noël, puis un événement « sur-mesure » en janvier où chacun pourra créer sa basket sur commande… On travaille encore dessus, donc je ne vous en dis pas plus…

Quel est ton rituel / indispensable beauté ?

Sûrement très simples, mais indispensables pour moi : une crème hydratante Nuxe. et un thé bien chaud (j’ai un faible pour l’Earl Grey de Mariage Frères) avant de commencer ma journée !

Pour en savoir plus sur Le Lissier , c’est par ici !

Et pour suivre la marque, c’est par là @lelissier

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Pauline Delsalle

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