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Marie-Flore : « Je chante ce que je n’ai pas su dire en face. »

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Musique pop urbaine et torturée qui nous touche en plein coeur, Marie-Flore nous émeut à travers des titres aux mots forts inspirés de ses histoires d’amour. Elle débarque aujourd’hui avec son nouveau titre “QCC” et prépare la sortie de son prochain album “Braquage” à découvrir en septembre ! Rencontre. 

D’où viens-tu ?

Je viens de banlieue Parisienne dans le 92, je suis née et j’ai grandi là bas, puis j’ai rapidement déménagé à Paris parce que j’avais justement ce complexe de banlieusard ! (rires)

Qu’est-ce qui t’as fait venir à Paris ?

Les études, quand je suis entrée à la Fac j’ai trouvé un appart à Belleville que je n’ai jamais quitté.

Tu as tout de suite donné une orientation artistique à ton parcours ?

C’est arrivé plus tard justement quand j’ai arrêté la fac à 20 ans pour me consacrer à la musique, j’ai écrit des textes, j’ai pris une guitare pour m’accompagner et ça a commencé comme ça.

Quels sont les auteurs qui t’ont nourrie ?

Rilk et Emilie Dickinson, c’est de la poésie anglaise très torturée.

Ton premier album remonte à 2009, puis en 2014 tu as sorti By the Dozen. Comment décrirais-tu l’artiste que tu étais à l’époque ?

Plus jeune, plus innocente. J’ai baigné dans la musique anglo-saxonne toute mon enfance, je me suis directement dirigée vers du folk anglophone. 

Ton album de 2014 était-il consécutif à ta tournée avec Peter Doherty ?

Oui, c’était juste après. J’ai eu la chance de le rencontrer et qu’il me choisisse pour ses deux tournée. J’ai écrit mes chansons pendant et c’est sorti après. Je n’avais pas les moyens donc ça a pris du temps, puis j’ai bossé avec le producteur Robin Leduc et en deux ans mon album était créé. 

Ta rencontre avec Peter t’a encouragée à te trouver une empreinte ?

Oui. C’est une personnalité forte en couleur, il est lui-même et c’est ce qui m’a plu dans son approche de la musique et sa manière de voir les choses. Évoluer musicalement à côté de quelqu’un qui a la musique en lui m’a beaucoup appris.

Je ne m’étais pas rendue compte qu’écrire en anglais pouvait être une barrière de langage pour les gens qui ne comprennent pas forcément les subtilités. 


En 2017 tu sors Passade Digitale : un morceau dans lequel tes textes sont pour la première fois en français. Pourquoi ?

La musique, c’est un moyen d’expression, c’est écrire des choses qui me font du bien, et en anglais j’y mets la même intensité. Mais quand j’ai fait écouter ma première chanson en français “Palmier d’hiver” à une copine, elle a pleuré et m’a dit que c’était la première fois qu’elle comprenait vraiment ce que je voulais dire dans mes chansons. Je ne m’étais pas rendue compte qu’écrire en anglais pouvait être une barrière de langage pour les gens qui ne comprennent pas forcément les subtilités. 

A la base, j’ai écrit “Palmier en hiver” pour me moquer gentiment de lui !

A quel moment t’es-tu lancée dans l’écriture en français?

C’est un directeur artistique qui m’a suggéré de le faire. A la base, j’ai écrit “Palmier en hiver” pour me moquer gentiment de lui, la première phrase c’est : des palmiers en hiver, qu’est-ce-qu’on va bien pouvoir en faire ?  Pour moi c’était une blague, je voulais faire une caricature pseudo poétique, j’ai écrit ça en une heure, j’ai commencé à chanter et je me suis dit “Mince, c’est pas si mal au final !” (rires) J’avais aussi fait le tour de l’écriture en anglais et de la manière dont je pouvais aborder les choses. 

L’année dernière tu as sorti ton morceau Braquage avec un univers artistique hyper fort, c’était un choix de mettre en clip ce morceau-là ? 

Oui, j’avais une idée assez précise de ce que je voulais et j’ai réalisé toute la direction artistique du clip. J’avais envie d’un truc un peu torturé et nocturne parce que c’est ce que raconte la chanson. 

Je suis assez entière, je ne sais pas aimer raisonnablement.

Dans cette chanson tu dis que le braquage est une allégorie de l’amour, es-tu quelqu’un qui souffre beaucoup en amour ?

Je suis assez entière, je ne sais pas aimer raisonnablement.  Braquage est le terme qui convenait le mieux à cette prise d’otage émotionnelle vécue lors de relations.


Ton album sort en septembre, impatiente ?

Oui ! J’ai enregistré en studio pendant 1 an et demi, j’ai produit ce disque avec Antoine Gaillet (réalisateur), Omoh et PL, j’ai envie que ça sorte. Je suis très excitée de voir l’accueil qu’il va recevoir et ce que les gens vont ressentir parce qu’il y a quand même des propos durs… C’est une réelle mise à nue, c’est sincère, j’ai mis le meilleur de moi là-dedans !

Que veut dire QCC ?

Rien ! (rires) Les gens me demandent tout le temps, mais en fait c’est juste l’acronyme de la première phrase “que ça cesse”. Il n’y a pas de sens caché.

Je me suis autorisée à être radicale dans l’écriture. Je chante des choses que je n’ai pas forcément su dire en face.

Tu emploies des mots forts mais tu chantes avec douceur, as-tu conscience de cette dualité ?

J’en ai pris conscience lorsque j’ai voulu faire le tracklist de l’album et choisir l’ordre des morceaux. J’ai tout écouté et je me suis rendue compte de cette dualité, c’est en même temps une femme qui aime à en mourir mais qui hait. Il y a un côté vengeresse et un autre soumis, un doux et un méchant… C’est un peu moi, je me suis autorisée à être radicale dans l’écriture. Je chante des choses que je n’ai pas forcément su dire en face.

Ton album est-il adressé à quelqu’un en particulier ?

Ah oui, c’est clairement adressé ! (rires) Tout a été dit.

Tu écris aussi pour les autres…

J’écris pour d’autres groupes parce que j’adore écrire. C’est un investissement émotionnel limité, et ça me touche d’entendre la voix des autres sur mes textes. C’est un exercice super cool de se mettre à la place des gens, c’est aussi une manière de ne pas rester en boucle sur ses propres thèmes et sortir de sa zone de confort. 

 

Chloe Audiger

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