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Marie Poniatowski, (rolling) Stone

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On pourrait dire que Marie Poniatowski a deux enfants de 14 ans : sa fille Tess, et Stone Paris. Une marque de bijoux à la fois chic et rock imaginée alors qu’elle était enceinte, et qui a depuis réussi à fidéliser bon nombre de parisiennes butineuses, voire au-delà, puisque les premières clientes du tout nouveau e-shop de la marque sont américaines ! Rencontre avec une créatrice qui roule sa vie avec passion et énergie.

Quand on observe Stone Paris de loin, on se dit que l’aura « branchée » de la marque pourrait nous retenir de passer la porte de la boutique parisienne, ou même d’envoyer une demande d’interview à Marie Poniatowski. Grossière erreur… Même si la créatrice avoue aimer faire et avoir peur, ce n’est pas du tout son intention avec Stone, et on le comprend vite, tant l’accueil est partout familial et chaleureux, de Fanny à la boutique à Vincent qui gère la presse de la marque et organise l’entretien en deux temps trois mouvements. C’est dans un immeuble du centre de Paris que Marie Poniatowski a installé ses bureaux, dans une atmosphère « comme à la maison » qui invite également à la détente et à la conversation autour d’un café plutôt qu’à une interview formatée… Extraits choisis de deux heures qui ont filé entre les doigts et où il a beaucoup été question de croix, de Game of Thrones et de soins visage…

Pourquoi avoir choisi le nom « Stone Paris » ?

Avec mon mari, on a cherché plein de noms, et finalement « Stone » s’est imposé : ça sonne bien en anglais, c’est court… Mon mari s’appelle Pierre, c’est lui qui a trouvé le nom de la marque (sourire) donc c’était une évidence… Et « Paris » parce que même si nos ateliers ne sont pas qu’à Paris, mes bureaux seront toujours à Paris, je suis parisienne, je ne me vois pas ailleurs… De toute façon on ne peut pas déposer un nom commun comme nom de marque, donc c’était forcément « Stone Paris ».

J’ai voulu créer des pièces entre ces deux extrêmes, avec lesquelles les femmes peuvent vivre toute la journée, des diamants assez discrets pour ne pas être enlevés dans le métro, mais assez élégants pour sortir le soir.

En lançant ta marque en 2004, tu as été pionnière en France de la « fine jewellery », une joaillerie raffinée à prix abordable. Comment as-tu eu l’idée de proposer ce type de bijoux ?

Après un voyage à New York, je me suis rendue compte que les Français n’étaient pas encore familiarisés avec ce type de joaillerie : soit ils allaient place Vendôme, quand ils osaient franchir les portes des maisons de haute joaillerie, soit ils achetaient des bijoux fantaisie très peu chers. J’ai voulu créer des pièces entre ces deux extrêmes, avec lesquelles les femmes peuvent vivre toute la journée, des diamants assez discrets pour ne pas être enlevés dans le métro, mais assez élégants pour sortir le soir. Le diamant et l’or sont mes bases préférées. Dans un autre genre, Marie-Hélène de Taillac a commencé un peu avant moi, mais avec des pierres de couleur, ce qui a fait notre différence depuis le départ…

Je tiens compte des envies de mes clientes, mais je ne suis pas les tendances ni la mode du moment.

Comment vois-tu évoluer cet univers aujourd’hui, notamment avec l’envie grandissante des clientes de consommer autrement ?

Je tiens compte des envies de mes clientes, mais je ne suis pas les tendances ni la mode du moment, j’aime l’intemporel. Beaucoup de marques de bijoux sont apparues ces derniers temps ; à une époque, tout le monde faisait de la déco, maintenant tout le monde veut faire des bijoux… Il y a de la place pour tous, mais beaucoup disparaissent vite, ce n’est pas facile comme travail, ce n’est pas un hobby comme on pourrait le croire…

J’ai vu que les clientes avaient d’autres envies, qu’elles souhaitaient acheter des bijoux hors des boutiques traditionnelles. Elles vont de plus en plus les chercher là où il n’y a pas que ça, dans les multimarques. Pour mes bijoux c’est Colette qui a tout lancé, elle a été la première à me faire confiance. La fermeture de cet endroit est forcément une tristesse pour moi, c’était ma deuxième maison, j’y passais beaucoup de temps et j’aimais la vie de quartier qui s’était créée autour… ça ne sera plus pareil sans elle.

Les bijoux anciens m’inspirent aussi particulièrement, notamment le Moyen-Âge, je suis fan de la série Game of Thrones.

Tes inspirations sont à la fois très précises et très larges, de « Roméo et Juliette » aux favorites de Louis XIV pour ta dernière collection, d’où te vient l’impulsion créative du thème de la saison ?

Avec le temps, c’est parfois difficile de trouver des nouveaux noms, on en a déjà tellement ! Mais je peux toujours aller puiser dans le cinéma, puisque c’est là où j’ai commencé à travailler. Les bijoux anciens m’inspirent aussi particulièrement, notamment le Moyen-Âge, je suis fan de la série Game of Thrones. (s’ensuit une discussion sur les épées dans la série et sur la dernière saison à venir en 2019, pour résumer Marie est incollable sur les personnages et leurs attributs, on l’imagine bien mettre « pause » pendant un épisode pour regarder le détail d’un bijou ou d’une épée…)

Pour la collection « Favorite », c’est Paris et le Louvre qui m’ont inspirée. Je suis dingue d’Histoire et de cette période, le 17e siècle, avec Louis XIV et ses favorites. Je me suis imaginée à l’époque leur vie à Paris, j’ai aussi beaucoup regardé la série Versailles, et le personnage de Madame de Montespan joué par Anna Brewster avec sa beauté, sa flamboyance et son côté rock, m’a donné l’envie de créer ces bijoux « Favorite » pour elle, ceux que je l’imaginerais porter en jouant ce personnage. Et curieusement au même moment sur un shooting pour un magazine anglais on m’a demandé pour cette actrice une bague semblable… Comme quoi la bague « Favorite » était vraiment celle de Madame de Montespan !

Mes bijoux me ressemblent, je porte aussi cette dualité, je suis féminine mais habillée comme un garçon, il y a un mélange de douceur et de détermination dans chaque création.

Blood Diamonds

 

Tes bijoux semblent danser sur des contrastes : des pierres fines sur une forme plus imposante, l’ombre et la lumière, le romantisme face à un côté plus rock et dark… D’où vient cette permanente dualité ?

Au départ, l’idée était de proposer des bijoux rock élaborés avec des techniques anciennes, on le voit avec la collection « Blood Diamonds » créée il y a quelques années déjà et toujours très appréciée.  Mes bijoux me ressemblent, je porte aussi cette dualité, je suis féminine mais habillée comme un garçon, il y a un mélange de douceur et de détermination dans chaque création. Peut-être aussi parce que je viens d’une bande de filles, on est une famille de femmes fortes et très soudées. L’aspect dark vient sûrement de mon amour pour les films d’horreur, j’accrochais des faux pendus au plafond quand j’étais petite… Ce côté « jouer à se faire peur » et l’adrénaline que ça provoque font partie de ma personnalité.

Le problème des bijoux Homme en France, c’est qu’il y a une certaine timidité à en porter, et une ambiguïté quand c’est le cas. Les Français ont un petit bracelet, ou une grosse montre, et c’est tout !

Tu proposes également des pièces pour Homme depuis 2015, comment cet univers peu abordé en joaillerie s’est-il fait une place chez Stone Paris ?

J’ai voulu créer des pièces pour mon mari, et j’avais envie de faire le lien avec ce qui existait déjà pour la femme. J’ai travaillé avec Fabrice Léonard pour concevoir 12 pièces, dont une chevalière et un bracelet, à partir de la croix « Blood Diamonds » qui devient plus bombée, plus masculine, sans le côté perlé réservé aux femmes.

Le problème des bijoux Homme en France, c’est qu’il y a une certaine timidité à en porter, et une ambiguïté quand c’est le cas. Les Français ont un petit bracelet, ou une grosse montre, et c’est tout ! Alors qu’au Japon il n’y a pas ce côté frileux, on me demande souvent des modèles femme mais en diamant noir ! Je suis contente d’avoir créé ces modèles Homme, mais ça reste une niche, je ne le referai pas systématiquement, de toute façon je ne veux pas suivre les diktats des collections…

Tu as récemment lancé un e-shop, un bijou peut-il selon toi être acheté sans être touché ?

Il fallait faire un e-shop, un vrai sans redirection, qui me corresponde créativement et où on puisse gérer l’ensemble du processus d’achat. L’e-shop permet aussi de faire connaître la marque à l’étranger.

J’ai essayé de me mettre dans la tête d’une dame qui ne va jamais sur Internet pour rendre l’expérience la plus facile et la plus fluide possible. J’ai pas mal étudié la concurrence aussi… J’ai notamment voulu que mes bijoux soient vus portés, pas seulement sur une portion de main ou d’oreille coupée (rire) ! Ça compense un peu le fait de ne pas les toucher… J’ai donc demandé à Marc-Antoine Coulon d’imaginer ma fille adulte, il a créé de très belles illustrations qui donnent une idée des proportions.

Pour les lectrices qui ne connaissent pas encore Stone Paris, quels seraient les 3 pièces incontournables que tu souhaiterais leur présenter ?

Forcément, la croix « Blood Diamonds » sous toutes ses formes, boucle d’oreille, collier…. Même si j’ai imaginé depuis plus de 240 déclinaisons de croix, celle-ci reste incontournable, je l’aime beaucoup. Elle est inspirée par les croix du Moyen-Âge, elle a cette forme de poignard et ce nom pour dénoncer le commerce des diamants de guerre en Afrique… Certains peuvent le prendre au premier degré, tant pis, ça reste ma préférée.

Il y a aussi la bague « Sarah » que j’ai imaginée pour ma sœur (Sarah Poniatowski Lavoine ndlr, retrouvez son interview ici), et le collier « Cry Me A River » plus classique et plus simple.

L’idée de transmission du vivant de quelqu’un, quand il peut vous raconter l’histoire qui va avec l’objet, est très importante pour moi.

La transmission semble très importante à tes yeux, pourquoi ? Et que souhaiterais-tu transmettre à ta fille ?

Avant tout, je souhaite lui transmettre des valeurs, je suis une maman assez sévère. Le goût du travail d’abord, mais ça je crois que j’ai réussi : lui faire comprendre de ne pas dépendre des gens, et que personne ne peut réussir sa vie à sa place. Elle est ado, donc j’ai déjà un petit recul là-dessus, elle travaille bien en classe, etc… Je sais aussi que, comme moi, elle ne supporte pas l’injustice, et qu’elle aime les gens entiers.

J’aimerais également lui transmettre une forme d’humanité, de gentillesse, qu’elle ne devienne pas une peste (rire) !

Et puis pour ses 15 ans qui arrivent bientôt, j’aimerais lui donner quelque chose qu’elle ne perde pas et qu’elle puisse transmettre à son tour. L’idée de transmission du vivant de quelqu’un, quand il peut vous raconter l’histoire qui va avec l’objet, est très importante pour moi. Ça va au-delà du simple héritage. Ma mère vient de le faire pour moi avec un bijou de famille, je suis heureuse qu’elle ait pu m’en parler directement et me le transmettre de son vivant.

Quel est ton rituel beauté / bien-être fétiche ?

Sans hésiter, Biologique Recherche ! Je n’ai jamais fait de chirurgie, par contre j’ai beaucoup été au soleil, j’ai profité de la vie… Et donc j’aime aller une fois par mois dans leur institut parisien pour un « Remodeling Face », c’est super efficace et à des prix abordables pour ce type de soin.

Au quotidien j’utilise aussi leurs produits, que j’avais d’abord achetés pour ma fille, c’est le monde à l’envers !  J’ai vu que ça marchait pour elle, donc je m’y suis mise aussi, avec leur « Grande Crème », le lait VIP O2 et la lotion P50V.

Pour mes cheveux, je vais toujours au premier salon de David Lucas, je m’y sens comme à la maison.

Quels sont les projets à venir pour Stone Paris ?

Une nouvelle collaboration avec Bonpoint, courant novembre, j’aime travailler avec Christine Innamorato leur Directrice Artistique depuis tant d’années, et créer des bijoux pour les enfants, en pensant à ma fille, bien sûr… Pour le reste, j’avance pas à pas, l’e-shop ne date que d’octobre 2017, on doit d’abord perfectionner ce projet avant de passer au suivant. Je tiens également à rester indépendante, et donc à ne pas fâcher mes seuls investisseurs, les banques (rire) ! Mais je suis toujours attentive et ouverte à de nouvelles collaborations, surtout quand elles viennent d’univers différents du mien et qu’humainement le courant passe bien, comme avec Dalloyau, c’était amusant de créer une fève avec eux pour la galette des Rois !

Et pour cet été ?

Deux endroits auxquels je suis fidèle : Le Cap Ferret, depuis que je suis née, puis Saint-Barth, pour être avec mes amis.

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Pauline Delsalle

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