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Nouvelle érotique « La cambrioleuse délicate » de Fabien Muller – Chapitre 7

Vous l’attendiez, elle est de retour : la nouvelle érotique de l’été à dévorer sous le parasol, sous vos draps ou à l’abri d’un arbre… que vous soyez en vacances ou au bureau ! Cette année encore, l’auteur Fabien Muller (qu’on adore) revient avec une nouvelle exclusive en 7 chapitres ultra courts écrite spécialement pour vous . Prête à découvrir « La cambrioleuse délicate » ?

Pour celles qui auraient manqué les premiers chapitres…

Chapitre 1 – à lire ici

Chapitre 2 – à lire ici

Chapitre 3 – à lire ici

Chapitre 4 – à lire ici

Chapitre 5 – à lire ici

Chapitre 6 – à lire ici

Chapitre 7

Illustrations @pimentmartin

Un violent coup derrière la tête arrêta ma lente cinétique et me fit comprendre que ma cambrioleuse n’était peut-être pas si insensible à son environnement que ce que je subodorais. Je m’écroulai sur le sol, telle une truie sous acide amputée de ses pattes avant, tandis que le monde s’évanouit autour de moi.

Je suis désormais positionné derrière elle et je vois mon sexe gonflé rester à l’orée du sien. Son propre sexe est trempé, mais elle me laisse volontairement là, en lubrifiant soigneusement mon gland de ses sécrétions. Une de mes mains est partie en exploration dans ses cheveux, tandis que l’autre est en appui sur son flanc gauche.

Elle pousse des soupirs d’excitation qui multiplient mon envie, l’expérience est totale, mes sens affolés, déboussolés. Seul mon sexe semble ancré dans la réalité. Une réalité unique : être là et seulement là.

Je note les veines de ma main et je sens le sang qui pulse dans mes veines. Elle se retourne et me demande de…

– … mais, c’est toi ?! me dit-elle en braquant une petite lampe à leds vers moi.

Tenté de lui répondre « non » afin de replonger dans la suite de ce rêve érotique impossible à finir, je secouais ma tête, espérant retrouver un peu de lucidité. Cependant, la lumière m’aveuglant, seul le doute et la sensation désagréable d’être un lapin pris dans les phares d’une voiture surnageaient dans ce maëlstrom sensoriel.

– C’est bien toi, hein ?! répéta-t-elle.

– Euh… non, dis-je toujours un peu embrumé.

Puis, elle baissa sa lampe et c’est à cet instant que je la vis. Tout devint clair. Aussi clair que ses yeux qu’elle avait cachés derrière des lentilles de chat la première fois que l’on s’était croisés. Je notai que nous avions prononcé plus de mots en deux minutes que lors de l’intégralité de notre rencontre inaugurale. Sa voix était chantante, son parfum d’amande et ses yeux envoûtants. 

Elle se rua subitement sur mes lèvres, puis se serra contre moi.

Le moment était un moment de réconfort, malgré mon érection tenace qui refusait de me laisser tranquille.

En changeant de position, je ne pus masquer mon état. Elle se mit à me caresser tout en enlevant mes vêtements et les ombres nous accompagnèrent en silence. 

***

– … et dire que je t’ai cambriolé.

Ce furent ses premières paroles lorsque nous nous désenlacèrent, après un temps infini à nous caresser et à nous dévorer.

– Mais… comment ?

– Comment quoi ?

– Comment est-ce possible ? Cette coïncidence ?

– Je ne sais pas. J’ai suivi mon instinct comme lorsque je tente un cambriolage et j’ai vu… toutes ces photos encadrées… c’était si mignon… J’ai compris que c’était toi.

– Je réfléchis à dire quelque chose d’intelligent, finalement je ne pus que prononcer :

– Oui, c’est moi.

Ce qui ne semblait pas très intelligent en l’espèce mais eut le mérite de fixer le cadre de notre rencontre : c’était bien elle et j’étais bien moi.

Un silence envahissant s’installa. Je m’assis. Caressai ma nouvelle bosse. Tentai de percer le mystère de l’obscurité. En vain.

Tout était calme. Je planais. J’étais vidé.

Finalement, ce fut elle qui rompit le silence.

– Je n’ai pas eu le courage de te voler, alors j’ai mis un peu d’ordre…

– …

– Tu as mal ?

– Non, je crois que ça va…

– Ton nez… dit-elle en se penchant vers moi.

Le stimulus était trop violent et je m’évanouis d’un excès de fragrance presqu’oubliée. Lorsque j’émergeai de nouveau, elle n’était que cascade de larmes. J’eus alors tout le temps d’admirer ses jolis yeux verts derrière un rideau iodé et pus m’émerveiller à loisir devant son visage magnifique et tavelé de petites taches de rousseur. Elle avait une beauté envoûtante et peu commune, ce qui m’arrangeait bien, vu que j’exécrais la banalité. Ce n’était pas une beauté d’un genre passe-partout ni passe-muraille d’ailleurs, même si, compte tenu de son activité, cela aurait pu être d’une utilité certaine.

– Je suis la pire cambrioleuse au monde, renifla-t-elle.

– Non, non, je suis sûr que je suis bien plus mauvais que toi, rétorqué-je peu sûr de la direction que prenait cette conversation.

– Oui, mais toi, ce n’est pas ton métier.

– Tu n’es pas barmaid ?

– Ça ne paye pas assez et puis… le bar a fermé…

– Oui, j’ai vu.

– Ah, tu es revenu ? répliqua-t-elle retrouvant un semblant de sourire.

– Évidemment…

Elle me sourit discrètement et pencha la tête, comme si elle voulait masquer les larmes qui coulaient le long de ses joues.

Je m’approchai un peu plus et lui pris la main. Elle posa sa tête sur mon épaule.

Le moment était doux. Le rien de la nuit nous avait absorbés.

Elle me parla alors, avec une parfaite innocence et sans masque, d’humain à humain. 

Elle était pauvre et à l’abandon. Bien que rompue à toutes les techniques nécessaires au défonçage de porte, aux ouvertures de fenêtre ou à l’enfumage de système antivol sophistiqué, elle n’arrivait pas à dérober les gens. Elle était atteinte d’une maladie peu banale chez les professionnels : elle souffrait d’un excès d’empathie. 

J’avoue que sur le moment, j’eus pitié d’elle. Je la regardai et c’était un peu de ma détresse que je voyais. Ce samedi-là venait d’effacer tous les autres.

J’eus subitement une folle envie de m’évader dans ses cheveux.

Je décidai sur le moment de chercher, plus prosaïquement, ce qu’il y avait à glaner dans ce luxueux appartement tandis qu’elle faisait le ménage avec conviction. 

Nous jouâmes notre partition comme si se dévoilait en nous une mélodie depuis trop longtemps évaporée.

Nous sortîmes dans la nuit et marchâmes dans les rues désertes, main dans la main, et notre butin dans les autres, avec la conviction que désormais notre fugue se jouerait à deux instruments. 

La ville nous absorba et la nuit ne dévoila rien de nos plans.

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