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Patrick Lorentz, make-up artist star d’Estée Lauder

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Rencontrer Patrick est quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie. On en ressort 1) boostée de confiance en soi 2) briefée sur les meilleurs tips beauté à appliquer chez soi. Loin d’être une star imbuvable à guetter votre mascara qui coule et votre rouge à lèvres qui bave, Patrick est le gardien d’une beauté déculpabilisante, au service de la femme. Rencontre avec le make-up artist d’Estée Lauder.

 

Ce que Patrick ne sait pas, c’est qu’avant de le rencontrer, cette question existentielle m’a tenue en otage 2h dans la salle de bain : comment me maquiller ?? “Charlotte, tu es sur le point de rencontrer une star du make-up, c’est pas le moment de passer pour une ado’ restée au stade du crayon noir sur la waterline.” Réaction très mûre (et courageuse) de ma part : je décide de ne rien mettre. Enfin “rien”, un coup de fond de teint, du blush et roulez jeunesse ! Tant pis si Patrick trouve cela un peu trop light… Je n’ai pas le courage de confesser un trait de liner qui part en cacahuète.

Quelques heures plus tard, c’est dans l’intimité du salon bleu de la maison Estée Lauder, que je comprends que j’aurais pu venir tartinée de mon make-up habituel, celui dans lequel je me sens bien. Parce que c’est moi. Et que pour ce make-up artist à la sensibilité rare, c’est bien la seule leçon à retenir en maquillage : rester soi-même…

Le métier de tes rêves quand tu étais gamin ?

Tout petit, je voulais être le meilleur pâtissier du monde ! Les mercredi et samedi matin, j’allais dans une boulangerie dès 5h du matin pour jouer les petites mains, mais j’ai rapidement réalisé que je préférais les manger plutôt que les faire ! (rires) Puis j’ai travaillé dans une pizzeria en tant que pizzaïolo à 16 ans pour me payer ma première mobylette, j’ai appris ce que c’était de travailler, de me lever le matin… Je n’étais pas vraiment fait pour les études, c’était la récréation pour moi, je faisais plus le pitre qu’autre chose ! Et malgré toutes ces petites expériences, très bizarrement, je ne savais pas bien ce que je voulais faire.

Tu t’es finalement lancé dans la coiffure…

Ma meilleure amie, dont j’étais très proche, a décidé d’être coiffeuse alors j’ai fait comme elle ! J’ai passé un CAP coiffure femme avec brio. J’ai trouvé cela très créatif. J’aimais bien ne travailler qu’avec des femmes, être un peu le coq dans la basse-cour (rires). Je suis partie travailler dans la haute coiffure à Strasbourg. J’ai dû arrêter car j’ai développé de très fortes allergies aux produits de la coiffure. Mon état était très avancé, je devais toutes les semaines me faire des piqûres entre les doigts. C’était très douloureux et monstrueux, les produits étaient beaucoup plus agressifs qu’aujourd’hui.

Comment en es-tu venu au maquillage ?

Après deux ans en parfumerie, je suis revenu dans le tout premier salon de coiffure qui m’avait embauché à Strasbourg pour me nourrir des maquilleurs qui venaient parfois au salon. J’avais besoin d’avancer, alors un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai postulé chez Estée Lauder. C’était il y a 25 ans. Ma patronne de l’époque était triste de me voir partir mais elle sentait que j’avais de nouvelles ambitions dans le make-up. C’était très émouvant.

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Comment décrirais-tu tes débuts chez Estée Lauder ?

J’ai commencé en maquilleur itinérant. Je faisais des animations make-up à Lille, Marseille, en Bretagne… Finalement, j’ai fait un peu les choses à l’envers car j’avais trouvé ma propre technique de maquillage sans formation, elle fonctionnait bien, mais il me manquait quelque chose. La maison Estée Lauder a été d’une grande générosité et m’a payé une école de maquillage. Maintenant je travaille avec le service formation pour transmettre mon savoir, le service presse et le retail pour organiser des événements autour du maquillage. C’est essentiel pour moi et pour Estée Lauder de rester très connectés avec la femme pour connaître ses envies ,qui changent tout le temps.

 

“Le métier de make-up artist est tellement intime ! Qui touche ton visage, à part tes parents, ton mari et tes enfants ? C’est un métier très doux, fait de caresses.”

 

Comment définirais-tu ton métier ?

Pour moi, mon métier c’est transmettre. Et la vraie connexion se fait en face-à-face. Notre boulot de maquilleur va plus loin que le simple fait de poser de la couleur, il est presque un travail de psychologue. En moins d’une heure, j’ai des femmes qui me révèlent leur histoire, leurs secrets. C’est un métier qui est tellement intime ! Qui touche ton visage, à part tes parents, ton mari et tes enfants ? C’est un métier très doux, fait de caresses. C’est très difficile car je ne reverrai peut-être jamais chaque femme que je rencontre et je dois capter, en quelques minutes, qui elle est, ce qu’elle aime. Parce que c’est comme cela qu’un maquillage est réussi.

Tu as une méthode bien à toi pour cerner la personnalité des femmes qui viennent te voir ?

J’aime bien poser plein de questions avant de commencer et j’observe énormément. Les bijoux me parlent, la femme qui porte une petite perle ou une petite breloque, ça me dit quelque chose, la façon dont elle s’assoit, le timbre de sa voix, son rire, tout me parle. J’ai besoin de prendre toutes ces infos pour construire mon maquillage et ne pas passer à côté. C’est très intuitif.

Là où tu t’amuses le plus dans le make-up…

C’est difficile à dire. J’adore l’ambiance des shootings photos. Avec Vogue par exemple on peut aller très très loin. C’est à chaque fois une montée d’adrénaline, j’ai super peur, je stresse, mais j’aime cela. J’ai mis du temps à l’identifier mais c’est un stress qui me fait du bien. Et j’aime évidemment être en magasin et maquiller les femmes qui viennent à moi, être en connexion avec elles.

 

“Toutes les femmes ne sont pas des top models, mais on est toujours beau pour quelqu’un. “

 

Une rencontre t’a plus touché qu’une autre ?

Ce n’est pas une rencontre mais plusieurs. Ce sont ces femmes de 50 ans, qui voient qu’elles n’ont plus 20 ans, mais qui ressortent d’une séance de maquillage en me disant “J’ai l’impression d’être plus jeune de 10 ans”, c’est cela qui me touche le plus. C’est l’une des plus belles récompenses pour un make-up artist. Les femmes divorcées qui ont besoin de se re-sentir désirables me touchent aussi beaucoup. Toutes les femmes ne sont pas des top models, mais on est toujours beau pour quelqu’un. Et si je peux leur donner un petit twist qui fait qu’elles (re)prennent confiance en elles, alors il faut y aller !

De quel œil vois-tu cette tendance du nude, et même du no make-up ?

La tendance nude vient principalement du fait qu’on dispose aujourd’hui de produits très élaborés qui permettent d’avoir des textures beaucoup plus innovantes avec des rendus extrêmement naturels. Mais cela reste très français. Les Américaines ne vous comprennent pas du tout ! Je pense que le plus important, c’est de garder en tête que les femmes ne sont pas des make-up artist, elles ont besoin de méthodes simples et rapides pour se sublimer au quotidien.C’est ce que nous a transmis Madame Estée Lauder : des techniques de maquillage simples facilement transmissibles et rapides à réaliser. Elle avait inventé dans les année 60 un concept qui a tout son sens aujourd’hui : les 3 minutes beauty. La femme ne doit pas passer plus de 3 minutes à se maquiller. Aujourd’hui, c’est encore plus vrai. L’important ce n’est pas tant, maquillage ou pas maquillage, c’est surtout que le maquillage serve la femme.

Ce concept des “3 minutes beauty” est toujours appliqué chez Estée Lauder ?

Bien sûr. Aujourd’hui, nous sommes 18 make-up artist internationaux et chaque année nous devons inventer des nouvelles techniques de maquillage qui ne sont validées par le jury puis appliquées à l’échelle mondiale qu’à condition qu’elles ne durent pas plus de 3 minutes, qu’elles offrent une vraie transformation, quelle que soit l’ethnie et que nos clientes puissent les reproduire facilement. J’ai inventé à cette occasion une manière de réaliser son smoky eye avec ses doigts !

 

“Combien de fonds de teint restent inutilisés dans le placard des femmes ? Beaucoup trop ! “

 

En make-up, dans quelle catégorie les femmes sont très mauvaises élèves ?

Dans le choix de leur fond de teint. Mais ce n’est pas forcément leur faute ! Conseiller sur le fond de teint, c’est très compliqué car il faut prendre en compte 3 paramètres : la bonne couvrance, la bonne tonalité et la bonne intensité (neutre, doré ou rosé). Souvent, les femmes le prennent trop épais, trop foncé, et en milieu de journée, il vieillit mal. On se transforme en dalmatien ! (rires) Combien de fonds de teint restent inutilisés dans le placard des femmes ? Beaucoup trop ! ll ne faut donc pas hésiter à demander conseil à un expert pour trouver son fond de teint. Certaines prennent bien des baskets en 37,5 ! Il existe aussi des demi pointures dans le fond de teint. Pour tout le reste, ce ne sont pas des erreurs de maquillage pour moi, tout est permis, même du fard à paupière bleu sur des yeux bleus si ça vous fait plaisir ! Il y a plus grave dans la vie que de se tromper de rouge à lèvres et de fard à paupière…

Comment conseilles-tu d’appliquer notre fond de teint ?

Ne pas en mettre partout ! C’est inutile. Se concentrer sur les parties fixes suffit largement : les pommettes, le nez et le menton. C’est un peu comme du contouring mais en beaucoup plus simple ! La règle à garder en tête : le foncé creuse, le clair donne du volume. Si j’ai un menton pointu, j’y mets du foncé. S’il est fuyant, j’y mets de la lumière.

Ta maman écoute tes conseils beauté ?

Non ! Et pourtant j’ai essayé ! Mais c’est bien comme cela. Ma mère met du fard à paupière bleu sur ses yeux bleus et pour rien au monde je ne lui demanderai de changer. Déjà parce que je n’y arriverai pas ! (rires) Et surtout parce que ce ne serait plus elle…

Quelles sont les tendances make-up de cet hiver ?

Il y a plusieurs tendances à l’oeuvre : le smoky eye reste super présent, il ne s’épuise pas. Le mat sur les lèvres. Et le maquillage devient de plus en plus audacieux ! On trouve des rouges à lèvres gris ! Bien sûr ce ne sont pas des choses que l’on porte tous les jours, mais on peut les mixer avec des rouges à lèvres de couleur pour trouver la sienne. Quand j’étais à Dubaï, j’ai été impressionné du niveau des femmes en maquillage. Elles sont capables de superposer 4 ou 5 rouges à lèvres pour obtenir la teinte unique ! Ce qu’on appelle le rouge à lèvre ombré, une sorte de contouring des lèvres même si je n’aime pas ce mot, va s’imposer cet hiver.

 

Mon leitmotiv, c’est cette formule transmise par Madame Lauder “touch touch touch” : “ toucher l’esprit, le cœur, et le visage de la femme”.

 

Quel est ton leitmotiv au quotidien ?

J’ai eu l’immense chance d’avoir choisi la marque pour laquelle je travaille. J’y suis depuis 25 ans. Je ne m’ennuie jamais. Et travailler pour cette maison familiale, aux fondateurs extraordinaires, est un privilège. Ce n’est pas simplement vendre des crèmes et du maquillage, c’est servir les valeurs des Lauder, c’est aider les femmes, peu importe leur vie et leurs parcours, à se sentir belle. Mon leitmotiv, c’est cette formule transmise par Madame Lauder “touch touch touch” : “ toucher l’esprit, le cœur, et le visage de la femme”. J’accueille chaque femme dans toute sa personnalité et ses états d’âme. Et comme le répétait Madame Lauder, toutes les femmes ont le pouvoir d’être belles. Il suffit juste de le vouloir et d’aller chercher les bons conseils.

 

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Charlotte D.

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