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Plein Soleil avec Kid Francescoli

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Au cœur de l’hiver, il y a des albums qui ont le don de vous transporter vers des jours plus ensoleillés. Le nouvel opus de Kid Francescoli est de ceux-là, à découvrir tout de suite pour se réchauffer et attendre sereinement (l’amour ?) l’été.

Après le succès de l’album Play Me Again, le marseillais Kid Francescoli nous présente son cinquième album intitulé Lovers, une ode au Sud et à l’amour porté par 4 nouvelles voix féminines aussi surprenantes que planantes, vibrant à la frontière entre pop et électro.

La rencontre avec Mathieu Hocine de son vrai nom dans son studio marseillais fut à l’image de sa musique, chaleureuse et généreuse, sur des thèmes aussi variés que Marseille, les rencontres, le foot, le cinéma, et bien sûr la musique. A savourer avec l’album en fond sonore, et pourquoi pas un verre d’anis comme décor ?

Pourquoi ce nom de Kid Francescoli ?

Je suis fan de foot, et de l’OM. Dans les années 90, il y avait une équipe mémorable dont faisaient partie Waddle, Papin… Et puis il y avait ce joueur en particulier, Enzo Francescoli, une sorte d’ovni dans cette équipe : pour moi, il avait un truc en plus, une grâce et une esthétique très personnelles sur le terrain. C’est lui qui a inspiré mon nom de scène ; au même titre que la musique, le football fait partie de moi, et ça ne risque pas de changer !

Le studio « familial » où tu nous accueilles aujourd’hui a une histoire particulière, peux-tu nous la raconter ?

Quand j’ai sorti mon premier album en 2006, c’était compliqué de faire « mon » genre de musique à Marseille. A l’époque, le rap et le reggae dominaient la scène musicale locale. Et même si j’appréciais beaucoup ces artistes (j’ai découvert le studio avec la Fonky Family) ça me manquait de ne pas avoir une « famille » musicale qui se rapprocherait plus de moi, un peu comme la bande d’Air-Phoenix à Versailles, Yuksek et Brodinski à Reims… Et puis j’ai rencontré Simon (Nasser) et Oh Tiger Mountain ; on a commencé à monter des projets ensemble, à collaborer sur les albums et à faire des premières parties de concert les uns des autres… Via ma participation à son groupe Husbands, Simon est devenu mon producteur, et après l’album With Julia et le début du succès, on s’est dit que ce serait sympa de pouvoir travailler au même endroit. Deux frères producteurs de sons (les Frères Diapositive) nous ont proposé d’occuper ce sous-sol très bien situé où on peut chacun composer tout en étant ensemble, c’est un rêve devenu réalité !

Il y a non seulement une émulation entre nous, mais aussi autour de la ville de Marseille et des nouveaux sons qu’elle a su accueillir depuis quelques années… On peut en parler sur les ondes et les jouer à grande échelle en France comme à l’étranger, c’est incroyable !

Tu affiches déjà 4 albums et plus de 10 ans de carrière. Est-ce que tu as eu des moments de doute ?

Oui, après With Julia, j’ai eu envie pendant un moment de rester à New York pour y poursuivre ma carrière. J’avais une fascination pour cette ville, j’écumais les café-concerts pour me produire… Un jour j’ai croisé un autre groupe qui m’a juste sorti en partant et avant d’enchaîner leur 3e concert de la soirée dans la même rue ( !) « Man, they are just so many bands » (Mec, il y a juste trop de groupes. »). Et à y réfléchir, c’était vrai, le rythme était infernal, il ne me correspondait pas… Je suis donc rentré, et c’est à ce moment-là qu’est arrivée l’opportunité de ce studio partagé, ce qui fait que je n’ai jamais regretté.

Il y a non seulement une émulation entre nous, mais aussi autour de la ville de Marseille et des nouveaux sons qu’elle a su accueillir depuis quelques années… On peut en parler sur les ondes et les jouer à grande échelle en France comme à l’étranger, c’est incroyable ! Et je pense que si j’avais déménagé ailleurs qu’à Marseille ça ne se serait pas passé comme ça…

Pour cet album j’ai essayé d’écouter de la musique différemment, d’aller questionner la source d’inspiration de l’artiste plutôt que de m’en tenir simplement à la musique

Pour tes précédents albums, tu dis avoir beaucoup écouté Serge Gainsbourg, Air, Julian Casablancas… Qui ont été tes inspirations pour Lovers ?

Pour cet album, j’ai essayé d’écouter de la musique différemment, d’aller questionner la source d’inspiration de l’artiste plutôt que de m’en tenir simplement à la musique comme avant, à une ligne de basse, un ton de voix, un tempo…

Pour Lovers, j’ai continué à écouter Frank Ocean, par exemple : son album Blond est stratosphérique, tellement et radicalement différent… Mais je l’ai abordé autrement, en me demandant où il allait chercher cette attitude, ce parti-pris musical ou vocal plutôt que telle instru ou telle note…

Ces derniers mois, j’ai aussi plus été vers des voix féminines incontournables en pop comme Rihanna et Lana Del Rey. Pour résumer, la question n’était plus : « Comment il ou elle fait ça ? » mais « Pourquoi ? ». Et ça change pas mal de choses…

Justement, ton nouvel album a une tonalité surprenante et marque une évolution nette par rapport à ton précédent, Play Me Again. Beaucoup te connaissent grâce à l’un de ses titres « électro planant » Moon (6 millions de vues sur You Tube), est-ce que tu n’as pas eu la tentation de « refaire » un morceau similaire sur Lovers ?

Je t’arrête tout de suite, c’est impossible ça ! Après  With Julia , on me disait déjà à la sortie des concerts : « Tu referas un « Blow Up » sur le prochain album ? » Pourtant j’ai sorti ensuite « Moon » qui n’avait rien à voir et qui a été apprécié… Donc j’espère qu’il en sera de même avec un ou plusieurs morceaux de Lovers qui proposent des chemins différents, même si on retrouve des sonorités similaires à  « Moon » sur « So Over » par exemple…

Donc il n’y a pas de « recette magique » pour « fabriquer » ce type de morceau ?

Ah non ! Le chemin pour arriver à un morceau comme « Moon » est super complexe. On y a travaillé à 3 avec Julia et Simon, jusqu’à la dernière minute il y a eu des ajouts, des accidents, des hasards… On a laissé les surprises venir, donc ça ne pourra jamais se reproduire !

J’ai souhaité faire appel à plusieurs voix pour ne pas rester dans une simple comparaison qu’on pourrait établir avec Julia. Au départ j’étais même parti pour faire 11 morceaux avec 11 voix différentes

Après 2 albums chantés en duo avec l’américaine Julia, tu ouvres un nouveau chapitre avec Lovers où on entend non pas 1 mais 4 voix féminines à tes côtés ! Pourquoi ce choix ?

Après plusieurs années très riches musicalement avec Julia, on a eu envie d’explorer chacun de nouveaux territoires, de faire autre chose. De mon côté, j’ai souhaité faire appel à plusieurs voix pour ne pas rester dans une simple comparaison qu’on pourrait établir avec Julia. Au départ j’étais même parti pour faire 11 morceaux avec 11 voix différentes c’est te dire ! (rires) Et puis, leur talent et leur personnalité m’ont convaincu de faire plusieurs titres avec chacune de ces 4 artistes, et aujourd’hui je suis très heureux du résultat !

Peux-tu nous présenter les 4 chanteuses qui t’accompagnent ? On précise qu’elles ont écrit chacune leurs textes…

Oui bien sûr ! Sur « Alive » et « City Lights », c’est Nassima (Nassee), une jeune chanteuse italo-marocaine qui faisait son premier enregistrement avec cet album ! On a écrit « Alive » ensemble, son écriture d’écorchée vive et sa voix groovy m’ont touché.

Sarah Rebecca est une chanteuse américaine déjà connue, à la fois disco et lyrique, avec une voix différente de celle de Julia, mais qui a cette même touche U.S et une approche très directe qui m’ont tout de suite plu. Elle avait déjà travaillé avec mon producteur (sur « Diamond Veins » de French 79 ndlr), donc il a été facile de l’inviter sur « The Only One » et sur « Miss Mess ».

(ndlr : Hasard total on a échangé avec Sarah Rebecca en décembre avant que cette interview de Kid Francescoli soit réalisée, voir ici si vous voulez en savoir plus sur elle)

Alizé, alias iOni, a été l’invitée surprise de cet album. Elle est arrivée en dernière minute, quand j’avais déjà bouclé 9 morceaux sur 11, au départ pour un job de choriste sur la tournée, et finalement elle m’a renvoyé des voix superbes sur « Cent Corps » et « So Over », un vrai cadeau de fin de studio quand ça fait des mois que tu enregistres et que tu ne t’attends pas à ça… Comme disait Etienne Daho, il ne faut jamais fermer la porte à l’imprévu, même et surtout à la fin de l’enregistrement d’un album!

Et last but not least, Samantha, qui est franco-brésilienne et qui partage ma vie aujourd’hui. Samantha, c’est une rencontre une nuit à Marseille qui change tout, conclue par une virée en scooter, un bain au petit matin et un enregistrement dans la foulée en studio d’une première version d’ « Eu Quero », le titre fondateur de l’album chanté en portugais. Elle incarne aussi cet amour apaisé sur « Ces deux-là » et « O Sol », avec la chaleur et la fragilité de sa voix très particulière.

Tu parles d’amour apaisé, et pourtant l’album s’appelle Lovers  ?

Oui, il va falloir que j’explique le titre précisément, parce qu’au premier abord ça rappelle un peu le cliché du « lover », alors si en plus je te dis que c’est inspiré du Sud et de Marseille on s’y perd (rire).

En réalité, le titre « Lovers » fait référence à la multiplicité des façons de vivre l’amour : la rencontre sur « Eu Quero », l’idylle sur « O Sol », le déchirement sur « Alive », l’oubli sur « So Over », le désespoir sur « The Only One »… Le titre de l’album rappelle également la multiplicité des tonalités de morceaux, des voix et des langues qu’on y rencontre, un peu comme dans un scénario aux personnages et aux intrigues multiples sur le même thème, comme le film « New York I Love You » par exemple : l’album raconte plusieurs histoires d’amour(s).

Tu cites pas mal de références cinématographiques et tes clips sont montés avec une grande attention au grain et à la lumière, est-ce que tu as vu des films qui t’ont marqué pour Lovers ?

Oui, un, Mektoub my love : canto uno, d’Abdellatif Kechiche ; la lumière, les personnages, la plage, les scènes familiales… Ce film m’a intimement touché et inspiré car il représente le Sud, « mon » Sud,  à la fois dans toute sa lumière et dans toute sa richesse complexe et contrastée. « O Sol » et « Ces Deux-là » ont été composées au moment où j’ai vu le film.

Quand tu rentres chez toi après ces longs voyages, tu ouvres ta fenêtre le matin, tu prends le soleil sur ton balcon et tu te dis : « La vraie source d’inspiration, elle est là ! »

Donc par rapport aux deux précédents albums qui ont une signature plus « américaine », on peut donc dire que celui-ci est vraiment « marseillais » ?

Oui, il a été composé au retour de la tournée de « Play Me Again » qui nous avait emmenés jusqu’en Asie, et quand tu rentres chez toi après ces longs voyages, tu ouvres ta fenêtre le matin, tu prends le soleil sur ton balcon et tu te dis : « La vraie source d’inspiration, elle est là ! ».  Donc plus que l’amour ou le voyage c’est le retour que tu en as qui t’envoie un message… A toi de l’entendre ou pas. Pour Lovers j’ai voulu vraiment faire un gros plan sur Marseille : le soleil, la mer, la Corniche, la lumière…

Justement, tu vas bientôt repartir en tournée, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Oui, ou plutôt tu veux dire comment je vais faire pour tourner avec 5 chanteuses (rires), les 4 de Lovers et Julia ? Ce n’était pas possible de toute façon, elles ont chacune leur propre projet et engagements. Donc j’ai organisé des auditions à Paris et j’ai fait appel à deux chanteuses qui seront les voix de la tournée, Lys pour le côté américain, disco, plus dans les aigus, et Andrea pour les tonalités plus graves, soul et Rn’b. On vient de finir les répétitions, et je suis super content du résultat, j’ai hâte de vous le faire découvrir en live !

Pour en savoir plus sur Kid Francescoli :

Instagram @KidFrancescoli

You Tube

L’album “Lovers” sort aujourd’hui, le 31 janvier

Et pour le voir en concert cette année c’est par ici (certaines dates sont déjà complètes !)

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Pauline Delsalle

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