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Solaires : comment protéger ma peau sans abîmer l’océan ?

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Selon de récentes études, au moins 30% de la Grande Barrière de Corail australienne, plus grande structure d’organismes vivants au monde et refuge d’une faune marine incroyablement riche, serait déjà détruite. Les responsables ? En grande partie les bateaux pollueurs, le réchauffement climatique, mais aussi nos crèmes solaires ! Heureusement, certaines marques se mobilisent déjà depuis des années pour arrêter ce désastre. L’occasion de prendre les bons réflexes !

On passe vite en mode « bronzing » éco-responsable !

Se barbouiller de crème est devenu un réflexe en arrivant à la plage et on sait combien c’est important pour notre santé et celle de nos enfants, mais ce qu’on sait moins c’est que ces filtres anti UV peuvent être de véritables calamités pour nos océans. Chaque année, ce sont 25000 tonnes de produits qui y sont injectés, dont 25% sont directement absorbés par les coraux, les tuant en quelques jours. Il y a donc urgence à changer nos habitudes et passer à des formules respectueuses de notre environnement, y compris marin !

Le stress des coraux

Paraben, butylparaben, benzophénone, l’oxybenzole …tous ces produits initialement présents dans les crèmes solaires ont démontré leur nocivité pour la faune marine.

Pour comprendre le mécanisme de destruction ou de « blanchiment » des récifs enclenchés par ces substances, il faut savoir que les coraux survivent grâce à des micro-algues symbiotiques (les zooxanthelles) qui leur donnent leur belle couleur. Plus le corail est coloré, plus il est en forme ! Il peut ainsi synthétiser la lumière pour que ces algues se régénèrent, et en retour, elles lui fournissent de l’oxygène et les nutriments dont il a besoin pour se défendre contre ses prédateurs et même guérir de certaines attaques. Sans elles, point de salut ! Or, c’est précisément à ces zooxanthelles que s’attaquent ces produits chimiques. En mettant le corail en situation de stress, il l’oblige à les expulser, perd donc sa couleur et s’affaiblit, parfois jusqu’à se recouvrir lui-même d’une carapace qui l’étouffe petit à petit.

Pour mieux cerner le sujet, on a pu poser quelques questions à Marie Hélène Lair, directrice de la communication scientifique et Guillaume Lascourreges, directeur du développement responsable Groupe, chez Clarins, marque pionnière dans la prise en compte de la préservation des océans :

Que représente la crème solaire par rapport aux autres pollueurs des mers ?

Au niveau mondial, on estime que 20% des récifs ont déjà été irrémédiablement détruits. De nombreuses menaces locales et globales pèsent sur eux et sont les principales causes de leur dégradation. Mais les sources de dommages majeures sont :

le développement des activités littorales, l’accumulation de déchets dans l’eau, les déversements industriels, les eaux usées, la fréquentation touristique, ou encore la surpêche et les méthodes de pêche destructrices. Ces phénomènes participent grandement au réchauffement des océans et à leur acidification qui provoque à son tour, la destruction des coraux.

L’usage de crèmes solaires apparaît donc, malgré tout, comme une source mineure de dommages.

Comment a-t-on découvert l’impact des crèmes sur la faune marine ?

Des études  sur le sujet comme celle de Danovaro et al, dès 2008, ont été réalisées en laboratoire et in-situ dans différentes mers du monde. Elles ont abouti au fait que quels que soient le lieu et la concentration testée de crème solaire, elle a toujours provoqué un rejet par les coraux de mucus contenant des zooxanthelles, et donc un blanchissement complet de l’animal dans les 96 heures. Un phénomène d’autant plus rapide que la température du milieu était élevée.

Les choses ont-elles évolué depuis ?

La plupart des études récentes mettent en œuvre des concentrations plus élevées que celles réellement retrouvées dans les eaux de mer.

Cela s’explique par différents paramètres :

– la  véritable quantité de produit recommandée pour être parfaitement protégé est rarement utilisée.

– les formules sont le plus souvent « water resistant », et on estime que lors d’un bain de 20 minutes, seuls 25% de la crème solaire se répand dans l’eau.

– les courants marins diluent les résidus de crèmes solaires.

Est-ce qu’une crème bio est forcément inoffensive pour les océans ?

Une crème solaire d’origine biologique n’utilise que des filtres minéraux (dioxyde de titane et oxyde de zinc). Ce type de filtres ne se dégrade donc pas dans l’eau des océans.

D’autre part, en tant que produit bio, ces crèmes sont formulées sans matières siliconées ou plastiques (ingrédients qui favorisent la water resistance des formules), ce qui les rend moins persistantes dans l’eau, mais parfois, plus susceptibles de se diluer lors de la baignade et donc d’entrer en contact avec les organismes marins.

Faut-il, malgré les nouveaux produits responsables disponibles sur le marché, limiter sa consommation de crème solaire ?

Un produit solaire représente un produit indispensable de santé publique. Les méfaits des UV sur la peau, les dommages qu’ils engendrent sont avérés et très importants. Il ne faut donc faire aucun compromis sur la protection.

La bonne attitude face au soleil :

– Adapter sa protection solaire à son phototype et à l’ensoleillement.

– Réappliquer toutes les 2 heures, et après chaque baignade

– Se protéger même à l’ombre.

– Éviter de s’exposer aux heures chaudes.

Quelles sont les caractéristiques de ces nouvelles formules ?

Nos formules sont créées avec des ingrédients sûrs, autorisés par les réglementations cosmétiques internationales visant à garantir la sécurité du consommateur. Mais nous nous tenons également en veille active à la parution de toute nouvelle étude sur le sujet et nous travaillons sans cesse à améliorer l’impact de nos produits sur l‘environnement.

Cette prise de conscience est-elle générale dans le milieu des cosmétiques ou reste-t-elle  encore minoritaire ?

Oui, les marques veillent de plus en plus à l’impact de ce type de produits sur l’environnement marin, dans l’optique de formules plus éco-responsables et alliant toujours efficacité, sécurité et sensorialité.

 

Notre shortlist des meilleurs solaires « ocean-friendly »

 

 

Clarins, Immunité Beauté, Multi-cellular Protection, en crème, lait-en-spray, huile, compact solaire et fluide, SPF50+ et 30, de 26 à 37 euros

Laboratoires de Biarritz, Alga Maris. Des produits sans filtres chimiques, formulés à base d’actifs d’origine naturelle qui respectent le microcosme marin. Spray solaire très haute protection SPF50 + visage et corps certifié Bio, 21,90 euros

 

Biotherm, Waterlover Sun Mist. 7 ans, 200 essais, 20 chercheurs et 150 ingrédients scrupuleusement sélectionnés, ont permis à la plateforme « Ocean 5 Testing Platform » créée par la marque, de mettre au point la gamme « Waterlover Sun », une protection éco-responsable et une formule de base à 96 % biodégradable, testée sur du plancton d’eau douce et des organismes d’eaux douces et salées afin d’évaluer son impact. Brume solaire invisible, enrichie en Life Plankton™, SPF30, 37 euros

 

Seventyone Percent, Eco Sun Shield. Une marque créée en 2009 par deux potes férus de surf et qui répond aux besoins spécifiques de cette communauté de la glisse : une protection technique, une résistance optimale face aux éléments et des produits respectueux de l’homme et de son environnement. Avec 100% de filtres minéraux, aucun dérivé pétrochimique, silicon, paraben, nanoparticule ou phénoxyéthanol.

 

Avène. A travers son programme « Skin Protect Ocean Respect », la marque propose depuis quelques années, des solaires respectueux de l’environnement avec des filtres réduits et non hydrosolubles, pas de substances toxiques pour les organismes marins et pas de silicone. Lait très haute protection peaux sensibles SPF50+, 16,95 euros

 

 

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