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Sônge, cet OVNI électro-pop qui a envoûté nos oreilles

aAvec ses longues tresses décolorées, ses dents du bonheur et son coupe-vent holographique, Sônge donne le ton. Remarquée dès son premier EP, cette jeune artiste originaire de Quimper met une grosse claque de nouveauté dans le paysage électro-pop français. Et c’est pas prêt de s’arrêter avec la sortie de son album attendu en 2019…

Comment as-tu commencé la musique ?

J’ai commencé la musique par les percussions africaines avec un likembé. Je faisais ça avec une amie dans une MPC (ndlr : une maison de jeunes) qui proposait des cours gratuits. On s’éclatait, on mettait l’ambiance en soirée… On rencontrait plein de gens grâce à ça. C’était très cool.

A quel moment as-tu commencé à composer tes propres morceaux ?

Lorsque j’ai déménagé en Allemagne. J’ai été très inspirée pour faire des compo car j’étais toute seule et la solitude est toujours propice à l’introspection. Je me souviens de cette ambiance toute particulière, le soir dans ma chambre, avec la Fernsehturm (ndlr : la tour télévision) qui brillait dans la nuit, c’était magique. Ça me faisait bien triper. J’enregistrais sur un petit synthé de kids ! (rires)

Les accords en musique m’inspirent une couleur que j’ai envie de travailler pour lui donner plus de contrastes ou pour l’assombrir ou l’éclaircir… C’est comme cela que je compose mes morceaux.

Ta particularité, c’est que tu composes ta musique en travaillant sa couleur. Cela te vient de ta synesthésie : ton ouïe et ta vue ont fusionné. Décris-nous ce processus magique !

Cela n’a rien de magique ! (rires) Tout part de la suite harmonique. Les accords en musique m’inspirent une couleur que j’ai envie de travailler pour lui donner plus de contrastes ou pour l’assombrir ou l’éclaircir… C’est comme cela que je compose mes morceaux. Par exemple, je vois le mode FA en argenté. Pour moi il sautille, il est léger, comme les sardines et les macros avec leurs écailles qui brillent. Je vois les modes aux quintes diminuées, comme l’intervalle du Diable, très sombres et mauves, ils sont maléfiques pour moi.

Ma synesthésie est juste une manière différente de voir les choses. Je ne vois pas ça comme un don.

Quand tu travailles une compo, c’est comme le travail d’un peintre…

Oui complètement ! J’ajoute un peu de blanc pour éclaircir, ou je peux rajouter une nouvelle couleur, c’est comme ça que je me représente la musique. Après les gens pensent que c’est un truc de ouf, mais ça n’a rien d’extraordinaire ! (rires) Ma synesthésie est juste une manière différente de voir les choses. Je ne vois pas ça comme un don.

Quelqu’un m’a dit que Roses était un hymne aux coeurs brisés, je pense qu’il l’est aussi aux coeurs fanés.

Ton dernier morceau Roses est une petite pépite. Comment est-il né ?

Le son ne vient pas de quelque chose de très heureux : je me rendais compte du côté éphémère des choses. Parfois des liens se défont, on se sépare, on s’éloigne sans forcément pour une raison particulière. Quelqu’un m’a dit que Roses était un hymne aux coeurs brisés, je pense qu’il l’est aussi aux coeurs fanés.

Quelle couleur as-tu travaillé pour ce morceau ?

Le rose du coup ! J’ai trouvé les premiers accords, puis tac ! Ca m’a donné la couleur que j’ai travaillé. Petit à petit une mélodie pointe le bout de son nez. Puis le texte arrive. C’est très rare que cela se passe dans l’autre sens. Je ne me suis jamais retrouvée dans un café avec un joli carnet et un stylo plume pour écrire un texte avant même d’avoir une mélodie.

Qui produit tes morceaux ?

Myd ! Avant de lui présenter un morceau, j’ai besoin d’aller au bout de mon idée. Quand je pense que j’ai terminé, je vais chez lui. C’est un producteur extraordinaire. Il a plein de super bonnes idées. Il réussit à faire partir mon morceau beaucoup plus loin. La première fois que je suis venue chez lui, son chat a fait pipi sur ma housse de synthé, j’ai vu ça comme un test pour voir si j’allais persévérer ou pas… Et j’ai persévéré !

Tu aimes sortir un clip pour tes morceaux. Un héritage de ta génération ?

J’aime surtout mettre les couleurs sur mes morceaux, je pense que c’est pour cela que je suis très attirée par le concept du clip. C’est un moyen de faire sortir les couleurs de ma tête. Mais c’est compliqué ! Dès que tu définis quelque chose, j’ai l’impression que tu le trahis. Tu ne peux jamais être 100% fidèle. Mais je suis tout de même satisfaite de tout ce qu’on a produit.

J’ai souvent des idées farfelues pour mes clips. Je m’amuse beaucoup. Pour Colorblind par exemple, je m’étais dit que ce serait génial d’être une princesse cosmique avec des cheveux bleus et des poils bleus sous les bras.

Pour Roses, tu as imaginé un clip dans les couleurs pastel avec un gang de nanas…

Arnaud Giacomini a fait la réal’. On était parti sur une première idée tous les deux et puis le soir même j’ai fait un rêve, je l’ai écrit tout de suite à mon réveil et j’ai dit à Arnaud, “Attends, on arrête tout et on fait ça !” Il m’a suivie et voilà ce que ça a donné. Je n’avais encore jamais rêvé d’un clip, c’était super bizarre… En tout cas le résultat respecte complètement mon rêve. J’ai souvent des idées farfelues pour mes clips. Je m’amuse beaucoup. Pour Colorblind par exemple, je m’étais dit que ce serait génial d’être une princesse cosmique avec des cheveux bleus et des poils bleus sous les bras. Des gens viendraient me brosser mes longs poils, symboles de ma force et de ma féminité ! (rires)

Sur ton insta, tu partages d’ailleurs beaucoup d’images body positive…

C’est vrai, c’est super important pour moi, même si à titre personnel, j’y suis pas du tout  ! (rires) Je ne peux pas te dire “Je m’assume de ouf, faites de même”, mais c’est quelque chose qui me parle et que j’ai envie de partager. T’observes que la diversité des corps, des chevelures… ça fait plaisir à voir. Il faut un peu de tout pour faire un monde.

On attend la sortie de ton album prévue pour début 2019 avec impatience… A quoi va-t-il ressembler ?

Je ne sais pas vraiment le décrire. Roses est le pont entre mes morceaux d’avant et de l’album. Il y aura des chansons en français et en anglais. J’ai du mal à t’expliquer à quoi cela va ressembler, je pense que je dois attendre que les gens l’écoutent et m’en parlent ! (rires) J’ai sorti ce que j’avais dans la tête, j’espère que vous trouverez ça cool.

Sônge – Parlophone

 

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