3 couleurs maxi et 4 traits bien placés, tel est le style de Malika Favre passée maître dans la réduction et la simplification des formes. Je suis tombée amoureuse de ses femmes fatales, incarnation ô combien glamour de la Française. Parce que oui, Malika vit maintenant à Londre, mais continue de faire vivre le mythe au-delà de l’hexagone. On s’est skypé, et voici ce qu’on s’est raconté…

Tu vis à Londres mais tu te sens plutôt Anglaise ou Française ?

Rah je suis française ! Et d’ailleurs je me sens plus française à Londres qu’à Paris. Je suis née d’une mère algérienne et d’un papa français. J’ai grandi en banlieue parisienne en ayant le sentiment, par le regard des autres, que je n’étais pas vraiment française. Il a fallu que je parte pour l’être enfin. Les Anglais ne remarquent pas mon métissage, ils entendent simplement mon accent à couper au couteau ! (rires)

Malika-Favre-interview-le-prescripteur-illustration-2

L’illustration a été un appel de la raison ou du coeur ?

Appel du cœur ! Le système éducatif est assez élitiste en France. On encense la filière générale, la voie S. C’est le chemin à suivre pour “réussir”. J’adorais dessiner, mais pour moi c’était pas un métier. Alors je suis rentrée en prépa math sup à Saint-Louis. Je me suis rendue compte qu’il fallait être très bon et surtout que c’était pas mon truc de faire des sciences 40h par semaine. La seule chose qui m’est apparue comme une évidence, c’était de faire de l’art. J’ai bifurqué côté pub et design graphique en agence avant de me lancer en free.

 

Je voulais communiquer une vision de femme sur le sexe, quelque chose d’assez doux et de fun !

Alphabet Kama Sutra
Alphabet Kamasutra

Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer dans l’illustration en freelance ?

Au bout de 5 ans en agence, j’ai réalisé que j’avais trouvé mon style. Et puis un projet en particulier a marqué mes débuts en tant qu’illustratrice : mon alphabet kamasutra, que j’ai réalisé pour la maison d’édition Penguine Book. Elle souhaitait ressortir le manuscrit original et recherchait une couverture qui soit vraiment coquine, même carrément cul ! (rires) A l’époque, je faisais déjà des illustrations érotiques, mais cela restait gentillet. J’ai galéré mais je me suis beaucoup amusée.

 

J’ai lu que tu critiquais pas mal l’illustration érotique de l’époque…

Une grande majorité de l’art érotique est dessiné par les hommes. Je voulais communiquer une vision qui est la mienne, une vision de femme sur le sexe, quelque chose qui n’est ni dans la provoc’ ni dans la vulgarité, quelque chose d’assez doux et de fun.

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Comment définirais-tu ton style ?

Des couleurs pop et un style dans la réduction. J’approche l’illustration presque comme du design graphique. Je considère chaque illustration comme un travail de logo. C’est une gymnastique et un jeu de réduire un sujet à son minimum. Côté palette, j’essaie toujours de déterminer un nuancier avec le moins de couleurs possible.

 

Suite de l’interview de Malika Favre à retrouver dans Le Prescripteur de février !

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